jeudi 7 juin 2007

une porcelaine dans un magasin d'éléphants?


Alors il y a ceux qui disent qu'elle aurait du pleurer, qu'elle aurait du partager l'immense et profonde tristesse de tous ceux qui y croyaient. Car c'était une défaite.Et bien des larmes furent amères ce soir là. L'impensable sous nos yeux :il était président. Elle a dit avec ferveur qu'elle n'avait pas gagné, qu'un vent nouveau s'était levé et qu'il ménerait à la Victoire. Peut-être était-ce un peu trop vite , un peu tactique, je n'en sais rien. moi, j'ai aimé: j'avais encore dans la tête l'allure sépulcrale et les yeux vides de Lionel Jospin un certain 21 Avril.
Bien sûr il y a eu ses erreurs mais, autant l'avouer, je suis totalement subjectif quant il s'agit de Ségolène Royal. J'ai pris son parti politique très tôt. Je fais partie de ces cyber militants qui ont adhéré au Parti Socialiste pour au moins deux raisons:
- la conviction profonde ( et jamais démentie à ce jour) que le "sarkosysme" est un danger pour une saine conception de la démocratie, du " vivre ensemble" , de la juste répartition des efforts entre tous les citoyens.
- La certitude que l'élan salvateur viendrait de cette femme, libre, iconoclaste et en phase avec la société pour une gauche affaiblie : une "gauche de la gauche" redoublant d'efforts pour ne pas gouverner, un parti socialiste à bout de souffle par ses divisions en particulier depuis le référendum sur la constitution européenne, incapable de recoller les morceaux épars de Fabius à Strauss-Khan, des Verts scotchés par la préemption du nécessaire débat sur l'avenir de la planète par un Nicolas Hulot bien naïf. Peut-être ai-je un moment été porté par une "mystique" Ségolène (à ceux qui ne l'aurait pas fait, je conseille la lecture du pétillant ouvrage de l'écrivain Marc Lambron "Mignonne,allons voir....")
Mais si j'y ai cru jusqu'au bout, un pressentiment d'échec me visitait souvent le soir et je peux aujourd'hui mettre une analyse objective sur ce "sentiment":
- Le Parti Socialiste- et je l'ai vraiment découvert avec stupéfaction en lisant le projet du parti pour les présidentielles- n'avait absolument ni réfléchi, ni travaillé en profondeur pendant cinq ans! Appelé , dans mon premier geste de militant, à voter le projet en question en juin 2006, j'ai très mal débuté! je l'avoue aujourd'hui: je fais partie des 3% de militants qui ont voté "non". Je n'ai même pas envie de m'apesantir sur la question. Un seul exemple: sur les retraites , "nous abrogerons les lois Fillon". Ah bien . Et pour proposer quoi? Rien.
- Ségolène Royal qui n'aurait aucun mal à obtenir l'adhésion massive des adhérents n'aurait pas seulement pour ennemi Nicolas Sarkosy mais aussi tristement des personnes de son propre camp : les langues se sont progressivement déliées et on sait maintenant que la méchante accusation d'incompétence" qui l'a "tuée" dès Décembre est d'abord venue de "l'intérieur" Tous les autres n'ont eu qu'à reprendre les insinuations diffusées aux bons endroits.Quel talent! Il y a même des pervers- je ne les croient pas(!)-qui laissent entendre que de fins stratèges auraient volontairement laissé passer leur tour pour mieux gagner en 2012!!! Un excellent Chirac millésimé1981!Qui en avait pris pour 14 ans!

Alors oui, cent fois oui Ségolène Royal a raison de parler d'avenir et de se préoccuper de la refondation de la Gauche.Je ne sais qui sera en situation le moment venu mais je sais qui ne le sera pas et je sais que S.Royal est celle qui a ouvert les portes de la gauche au grand vent de la réalité , les têtes de la gauche à une autre façon de penser le nouveau monde, avec la fidélité du coeur et de la passion à la longue histoire de notre République: on ne pourra rien faire sans elle.Quel que soit le résultats des élections législatives que je souhaite bien meilleurs que nous les annoncent les pythies sondagières manipulatrices.
Elle l'a montré tout au long de sa campagne: Elle a peut-être l'allure de la porcelaine mais elle est d'acier trempé.
Peut-on croire que s'il n'y a pas de porcelaine, il n'y a plus d'éléphants non plus, que toutes les "rancunes ont été jetées à la riviére".? Ce mot d'éléphants chez les socialistes est d'ailleurs ambigüe .Il y a derrière le vocable, à mon goût, trop de cuir, trop de mémoire et pas assez de cimetières. La route sera peut-être longue. Sans être naïf, je veux penser que les ressources de pensée, de coeur, de volonté , de passion , immenses dans tous les mouvements de la gauche , sauront s'unir pour, à partir de l'histoire des rendez-vous manqués du socialisme réformiste depuis 1905, inventer le futur et incarner enfin le "désir d'avenir".


PS Je tombe ce matin sur une tribune libre, dans "Marianne" , de Nathalie Kosciusko-Morizet s'en prenant avec une violence inouie à Madame Royal. Je suis tombé de haut. Tout le monde sait que je n'ai jamais fréquenté de près ou de loin les sphères du pouvoir Chiraco-Sarkosien, mais j'avoue que jusqu'alors j'avais beaucoup de respect pour cette députée talentueuse , compétente sur les sujets qui étaient devenus sa spécialité( écologie, développement durable, charte de l'environnement) et très courtoise dans les débats où mon téléviseur m'a propulsé de temps à autre. Mais qu'est-ce qui a bien pu la pousser à commettre ce pamphlet indigne. N'étant pas machiste, je ne peux penser à un réglement de compte entre femmes! Alors? Une façon de ne pas se faire oublier après avoir manqué le premier wagon de la sarkosie où beaucoup l'attendaient à l'écologie? Trop proche de Chirac? Pas assez de Juppé? Pourquoi pas un poste de ministre ou de secrétaire d'Etat après des législatives réussies( sans trop de risque dans votre circonscription madame) ? Après tout le cas Besson est là pour démontrer que plus on tape sur la Dame plus cela rapporte. Mais je n'ai peut-être rien compris. On n'a plus le droit de critiquer le pouvoir quand on a perdu une élection? " on a juridiquement tort parce qu'on est politiquement - j'ajoute provisoirement-minoritaire?" ( je sais , c'est un propos de Gauche 81. Irait-on vers un "congrès de Valence" de l'UMP?)
Peut-être que Madame la députée sortante pourra m'expliquer: en effet , je ne fait pas partie de ces "français Madrés(sic!)" qui ont avec clairvoyance choisi Nicolas Sarkozy, avec "une majorité jamais vue depuis de Gaulle(resic)". Pourquoi oublier si vite les 54% de Mitterrand en 88? Ah oui, c'est vrai. Le looser de l'époque s'appelait Chirac mais c'est comme pour De Gaulle, c'était au Moyen-Age.

mercredi 6 juin 2007

6 Juin 44: Sommes nous tous devenus américains?

C'était le thème d'un documentaire au titre alléchant mais un peu simpliste sur Arte hier soir.
Au-delà de l'aspect militaire et décisif du débarquement, les américains entamaient en Europe un processus irréversible.
D'abord, le plan Marshall, qui de 47 à 51 allait mettre à disposition de l'Europe détruite, Allemagne de l'Ouest comprise, un budget de 85 milliards d'Euros ( équivalents 2007). Beaucoup mais peu par rapport à ce que les européens eux-mêmes investiraient dans la reconstruction. Au delà de la seule " générosité" réelle" - Les américains verseront ces fonds à un organisme créé à cet effet par les européens , l'OCDE qui répartira les sommes entre les pays éligibles sans l'intervention des américains - l'objectif des USA allaient s'avérer triple:
- endiguer ce qu'il considérait comme inéluctable, la progression du communisme vers l'Ouest
- développer une coopération militaire pour le futur (Organisation du Traité de l 'Atlantique Nord
- recréer un grand marché permettant d'écouler et de donner de donner de nouveaux débouchés aux oproduits "made in USA" ( on peut se demander avec impertinence si ce "grand marché" né en 86 ( sous l'impulsion de J.Delors) sera un partenaire ou un concurrent pour les américains!)
Cyniquement, involontairement, cette stratégie allait avoir une influence économique mais aussi culturelle décisive sur les Européens. D'abord à travers des modes de consommation, les vêtements (jeans, bas nylon...), l'alimentation ( fast food, coca cola) , le cinéma (hollywood, l'épopée des westerns, la violence des armes...), la musique (le jazz, puis la musique des noirs). Puis plus"politiquement" sur les modes de pensée. Promotion de la libération de la femme, de la libération des moeurs, de l'organisation managériale libérale . Comme le disait le cinéaste Wim Wenders, les USA, pays jeune, peuple jeune, étaient totalement tournés vers la création, l'innovation, le FUTUR. Et à cettte époque, l'Europe, et plus particulièrement l'Allemagne, n'osait encore regarder son passé. Alors effectivement, le terrain semblait sans résistance à cette offensive aux vertus alléchantes et immédiates après les années de privation. Le journaliste -écrivain Philippe Labro ayant découvert très jeune à cette époque les Etats- unis, ses paysages grandioses, ses mythes( Hemingway, Hollywood,la nouvelle frontière) et son mode de vie constatera "les dix ans de retard que la France gardera toujours sur les States"

Mais si la surface s'est effectivement uniformisée- il existe un mode de vie global aujourd'hui, jusque dans les anciens pays communistes qu'on peut qualifier d'occidental si on ne veut pas le qualifier d'américain- l'Europe, "le vieux continent" comme disait Dominique de Villepin dans son désormais célèbre discours à l'O.N.U sur notre refus de participer à la guerre contre l'Irak- les Européens n'ont en rien perdu ni leur identité ni leur sens de l'histoire. Ils résistent. A tort s'écrient les fascinés du rêve américain! Qui a raison?

De fait la relation disons entre la France et les états-unis restera toujours dans l'ambiguîté.
- Un Grand point commun: le sentiment réciproque d'être la terre de l'universalité dont le modèle et les messages s'adressent en permanence au monde entier
- Une faille immense : si les valeurs universelles se ressemblent, il y a peu de points communs entre 1783 et 1789 et les notions de liberté, d'égalité et de respect de la constitution n'ont pas du tout le même sens d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique
Et donc une attitude permanente entre fascination et rejet, entre haine et passion.

Le millénaire qui commence est celui de l'apparente victoire absolue du modèle néo libéral américain.Celui de la lente mais inexorable descente de l'apparente influence de la France.
Mais tout ne serait-il pas dans ces "apparences" . La "Globalization" avance. De nouveaux géants apparaissent. Va-t-on vers la chute de l'empire? A terme, je le crois.La puissance militaire ne suffit plus. Il suffit de voir la situation en Irak. Les poids lourds économiques se préparent à la confrontation( Chine, Inde, Brésil, Europe, Indonésie, Corée, Australie...)

L'histoire n'est que rapports de forces. La France sera une France forte dans une Europe forte dans un monde de tous les dangers. La mondialisation est à ce millénaire ce que fut l'apparition de l'ère industrielle au 19ème siècle. Le temps s'accélère. Mais nous ne serons ni tous mondiaux, ni tous américains. Des hommes peut-être. Si nous vivons en intelligence avec notre passé, notre planète et nos diversités.

Un coucher de soleil sur la plage d'Audresselles face à l'Angleterre, une randonnée dans les Alpes face à l'Italie, la garrigue et les cigales sur les hauteurs d'Aubagne, la jeunesse colorée, la vitalité, l'envie d'être de ce siècle. Ayant voyagé du Canada en Pologne, de la Jordanie en Israël, prêt à partir pour la Californie ou le Vénézuela, un fils à Dublin, une fille à Rome. Je me sens bien dans ma peau de Français , citoyen du monde.

PS dans le monde totalement américanisé des grandes écoles de commerce françaises, j'ai passé des heures à essayer d'expliquer la valeur ajoutée de la culture française à ma responsable des relations internationales, Polonaise par son père, américaine par son mariage, vénézuélienne de naissance ...et française d'adoption. Elle a eu la gentillesse de me dire, après mes lectures de poèmes , mes interprétations de chansons, sa vision de mon "art de vivre" que j'étais le premier à l'avoir presque convaincue. Voilà. Rien n'est jamais perdu.

mardi 5 juin 2007

Ribéry: bienvenue au club


Dans notre univers hyper communicant, il est affligeant de constater combien les propos de tous sont uniformisés, standardisés, formatés. Qui aujourd'hui ne prend pas ses cours de "communication" : hommes ou femmes politiques, artistes, people en tout genre. Je m'intéresse aujourd'hui aux sportifs et plus particulièrement aux footballeurs.Je sais le foot il y a les pour et il y a les contre.Inconciliables. Moi, j'ai l'impression d'être né avec un ballon au pied. Non- comme pourrait le penser certain- ce n'était pas génétique: mon père était allergique et mon grand père aussi ....
Mais il y a deux sortes de passionnés, les vrais et les faux. les vrais issus des quartiers populaires et qui comme moi passent des journées entières à taper dans une balle, les blousons servant de poteaux de but, les coupes du monde étant inlassablement jouéees et rejouées.Ceux qui comme moi, dès 10 ans, allaient le Dimanche après-midi au Match de V.A ( j'habitais la banlieue de Valenciennes) dans "la tribune de fer ", au milieu du club des supporters. Echarpes, fanions et trompettes. Bon enfant. Même si déjà ( en 59/60) les odieuses allusions racistes étaient spontanées, banales mais troublantes : les joueurs noirs s'appelaient Blanchette(!). A la mi-temps , le speaker du stade lançait sa grande "réclame": " Mi-temps, repos pour le joueur et pour vous spectateur le temps de fumer votre cigarette préférée,une....de la régie française des tabacs". Je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui, les jeunes des quartiers populaires soient admis dans les stades: les prix sont trop chers? leur supposée violence inquiète? Le racisme est devenu plus insidieux ? Dommage.
Mais il y a aussi les faux: ceux qui à l'issue d'un repas pris rapidement à la fin d'un conseil d'administration, embarquent leurs amis politiques, journalistes dans leur jet et s'engouffrent dansles parkings privés d'où ils rejoignent prestement leurs loges de "sponsor" ( l'entreprise a payé cher!) . Les vêtements sont de marque, y compris la casquette, qu'on agitera gentiment en faisant semblant de faire la "ola". On trouvera bien le temps entre deux coupes de champagne et trois petits fours de s'extasier devant un geste technique imaginé.
Revenons aux discours. Avez-vous Canal? cette chaîne a réussi en moins de dix ans à passer de la chaîne spécialiste du foot, animée par des journalistes compétents, par des techniciens innovants ( Merci Charles, Thierry, Douce et sa palette etc...)à la chaîne du FOOT People, animée par les stars vieillissantes du football, certes brillants joueurs mais piètres journalistes , baptisés du sublime surnom de "consultant" Dites docteur, c'est grave, c'est combien la consultation? ( Celui que je préfère c'est Zidane, il se fait très rare, et ses commentaires sont laconiques :' BIHIN, RIHIN, TREBIHIN". )
La remise des trophés de l'Union nationale des footballeurs professionnels est carrément devenue "les césars du football" avec décor, tapis rouge, Olympia, public et trémolos.
Sur cette chaîne, comme sur les autres d'ailleurs, on ne regarde plus jouer les hommes , on les écoutes parler, format:" Oui, on est content ,on a pris les trois points; Oui, je suis content mais je veux surtout remercier les autres , c'est le collectif avant tout; Le coach l'avait demandé, on a été solidaire, on a rien lâché....etc.etc.
Alors quelle joie quand vient l'inédit, l'imprévu, la lumière et elle vient souvent des joueurs les plus simples, les plus populaires au sens chaleureux, spontané et modeste du mot.
Je voulais tirer mon chapeau à tous ces "artistes" de la rue, des quartiers sincères jusque dans la clarté de leur expression.
" Je me sens la tête bien dans les baskets" vient de déclarer Frank Ribéry. " Il faut qu'on se retrousse les coudes " avait dit Jean-Pierre Papin qui rêvait d'aller en Amérique.Frank fera son chemin d'homme. Jean-Pierre le fait discrètement mais brillemment. Il entraînait cette année le RC Strasbourg qu'il a fait remonter en Ligue 1. Il a créé aussi en 96 l'association
" 9 de coeur" pour venir en aide aux enfants atteints alors de la même maladie que sa fille.
A l'autre bout du spectre, ils rejoignent un autre poète footballeur qui laissera son nom dans l'histoire du sport et de la poésie/ Eric Cantona bien sûr. Et je ne peux résister au plaisir de vous laisser méditer ( si, si ,on peut encore) devant la réponse qu'il a faite un jour à la meute de journalistes qui voulaient le questionner sur le geste violent " agression caractérisée de Karatéka" faite sur un supporter anglais qui l'avait insulté: " Quand les mouettes suivent le chalutier, c'est qu'elles pensent qu'on va leur jeter des sardines.....(?)

lundi 4 juin 2007

Mozart, le génie cette fois

Soirée d'hier et journée consacrée à la musique
le "Requiem en ré mineur" de Mozart d'abord donné à l'opéra de Dresde, par le choeur de la chapelle , sous la direction de sir Colin Davis, en mémoire de la destruction de la ville de dresde le 13 Février 1945.
Pas de commentaire sur l'oeuvre, écrite avec sagesse, émotion et audace par un jeune homme. Une osmose totale entre un choeur, des solistes, un chef et un public autour du souvenir d'une journée terrifiante. On l'a certes déjà dit: " comment l'homme peut être celui qui écrit et qui pleure en écoutant un requiem, celui qui fabrique et lance à l'aveugle ces engins de mort que sont les bombes ou massacre les innocents?" Mystère insondable que seule la musique transcende parfois.
Puis, un CD des "Voix de Mozart": celles de Nathalie Dessay ou Walter Berry dans "La Flûte Enchantée", Téréza Berganza dans "les Noces de figaro", Placido Domingo dans "Don giovanni", Elizabeth Schwartzopf dans "Cosi fan tutte" ou Kiri Te Kanawa dans "la messe en ut mineur". J'ai bien mis cinquant ans avant d'apprécier l'opéra. Je sais que je suis pas le seul mais pourquoi faut-il tout ce temps pour se révéler à soi-même que la voix est le plus beau des instruments de musique.
Jusqu'alors , je ne connaissais et je n'avais vu que "Carmen" de Bizet. Je ne sais pas si les mélomanes experts sont du même avis mais j'ai revu hier soir j'ai revu l'opéra dans une mise en scène de Jérôme Savary aux chorégies d'Orange, avec Roberto Alagna, "Don José", et Béatrice Uria-Monzon, "Carmen" avec la même passion et la même émotion qu'il y a trente ans.
Aujourd'hui, je pense toujours que "l'amour est enfant de Bohême, il n'a jamais , jamais connu de loi, mais ....prends garde à toi!". Je suis toujours attendri par cet enfant désarmé qui pleure" la fleur que je t'avais jetée". Et je brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé , pour cette Carmen de feu! Mélomane ou nostalgique?

Pour ceux qui ont le temps de s'interroger sur les génies précoces tels Mozart, je suggère l'excellent documentaire sur Arte ce Lundi 4 22h15 (rediffusé ce Vendredi 8 à 15h10) : " Voyage au centre du cerveau ou les surdoués de la créativité" où certains scientifiques suggèrent- prudemment- que ceux-ci n'auraient pas un plus dans leur cerveau mais plutôt une défaillance qui les désinhiberaient, libérant leur perception de tout préjugé ou tout stéréotype! les rapprochant- modérément- en cela de certains autistes...faut-il y voir des potentialités nouvelles à explorer pour tous. A suivre dans l'aventure mystérieuse du cerveau humain.

dimanche 3 juin 2007

C'est Mozart qu'on assassine?

Chirac avait son papa Guéna. Sarkosy a son papa Guaino. Serait-ce la flûte enchantée ou du pipeau? Si j'en crois le choeur des vierges (? j'en doute. Les voix des médias sont très pénétrables) Raphaëlle, Catherine et toutes les journalistes, il y a de l'hypnose dans l'air. Non , je n'ai pas parlé d'hystérie, ça c'est pour la voie Royal, disaient les mêmes. A la moindre critique, on nous rebat les oreilles : " C'est le petit Nicolas qu'on assassine!"
Moi, je crois plutôt que c'est "nos arts" qu'on assassine. L'art de vivre surtout. Pris entre les bûcherons de Roland ( oui, ils ont des cors) et les footing médiatiques de ministres à la recherche d'un souffle ( du troisième ou du quatrième), qui ne se sent dès le matin épuisé, la conscience inquiète au détour d'une promenade champêtre ou pire d'une méditation silencieuse?." parce que chez ces gens là, Monsieur, on ne pense pas, on strike...
"L'art d'expliquer, l'art de débattre, l'art d'accoucher", comme disait Socrate ( non ce n'est pas un joueur brésilien et il n'est pas le héros des dialogues de Platini)
Je plaisante, mais je pense qu'une bonne partie du peuple de France est en lévitation. Il dit à Merkel " viens" et "elle vient", Il dit à Zapatero"converge" et il "converge". IL dit à Uribe: " libère " et " il libére ...peut-être.
Ne vous méprenez pas. Je n'ai pas la moindre intention de plaisanter sur des sujets aussi sérieux que le redémarrage de l'Europe ou la libération d'otages indignement retenus. Je souhaite même- au delà de tout esprit partisan- que sur ces deux sujets et peut-être d'autres ( la réflexion sur l'avenir de la planète ou l'indispensable réforme des universités,) il réussisse.
Mais, on ne le sait que trop, la politique est certes un art mais pas celui de l'occultisme ou de la lévitation et l'art de l'homme politique n'a rien à voir avec celui des moines tibétains.
Des amis à lui le disent et le répètent: " Nicolas n'est pas le diable que d'aucuns ont décrié, c'est tout au contraire un affectif". Et bien justement je les crois et depuis longtemps je pense que le talon d'Achille de notre Napoléon est son époustouflant appétit d'être le meilleur pour être aimé. Ce qui est une grande faiblesse.
Puisse-t-il descendre très vite de son nuage et retrouver la réalité , la "réalpolitik" comme dirait (son presque ami?) Védrine. Il y aura la confirmation que la politique est un art certes martial, où il faut affronter des intérêts divergents, imaginer des passages étroits, que la ruse, la surprise et la sincérité en sont certainement d'inévitables ingrédients mais qu'en tout cas, il ne suffit pas de vouloir faire pour faire. Mais que nul n'est maître du Temps. Et qu'on prend de grands risques à vouloir concentrer trop de pouvoirs entre les mains d'un seul.
Car si les mauvais vents se lèvent et si le monde ne tourne pas comme il l'entend, alors il sera seul. Lâché pour avoir fait "rêver" et croire à tout un peuple que tout devenait possible. Le roi sera nu. Face à la rue. Dont les réveils sont brutaux.
Je ne le souhaite pas. Ni pour lui, ni pour la France.
Alors, Je vous en supplie , rendez lui , rendons nous service : critiquez le, opposons nous. Résistons.
Comme chantait Brel:" Mon père disait...je me fais capitaine d'un brise lame pour ceux que j'aime..."


PS je me suis laissé dire que le Président n'avait pas beaucoup de temps pour lire. Alors je lui conseillerai juste de (re?)lire quelques fables de La Fontaine: " Le lièvre et la tortue" ou " la grenouille qui veut...." " selon que vous serez puissant ou misérable etc..."

PS 2 ( parti socialiste cette fois) Messieurs les vétérans, je vous en prie, passez le relais, cultivez l'art de la retraite, avant que tous nos Mozart ne meurent assassinés.

samedi 2 juin 2007

La sonate de l'homme bon

J'avais vu à sa sortie " Good Bye Lenin" le film de Wolfgang Becker. J'ai vu il y a trois semaines pour la deuxième fois "la vie des autres" de Florian Henckel Von Donnenmarck. Cela m'a donné envie de revoir le premier dans la foulée. Parce qu'il s'agissait de deux regards allemands sur la courte histoire de la D.D.A, l'Allemagne de L'Est, la république démocratique qui a vécu de 1945 à la chute du Mur de Berlin en 89? Peut-être! Peut-être aussi parce que , comme tout un chacun, je suis à la recherche de l'utopie perdue? rappelé à l'ordre de la fin des totalitarismes étatiques ? Inquiet du retour des peurs millénaristes, religieuses ou écologistes? révolté par l'accélération d'un capitalisme financier, brutal pour les petits, arrogant et incontrôlé?
Mais finalement c'est le regard modeste et complexe que les deux cinéastes portent sur la nature humaine , au-delà d'une analyse qui, tout bien pesé , pourrait concerner toute entreprise totalitaire, qui a ouvert toute mon émotion et a emporté ma conviction.
Au moment où le prix Goncourt est allé sans retenue à un Jonathan Litell qui nous jette à la face , avec une certaine complaisance, l'histoire d'un jeune officier nazi et son insoutenable humanité,
A l'heure où d'autres, provoquant ma révolte, avouent leurs interrogations sur le caractère de cette nature, totalement déterminé , par l'origine sociale pour les uns ou pire génétique pour d'autres, je m'attarderai plutôt sur deux des principaux "héros" de ces films (pour le reste je renvoie le lecteur aux scénarios, l'histoire de la terrible STASI, police politique de la R.D.A, acharnée sur un couple d'artistes ,lui écrivain, elle comédienne pour "la vie des autres" et l'invraisemblable aventure de cette mère de famille est-allemande tombée dans le coma juste avant la chute du mur et se réveillant dans le nouveau monde que sonf ils va tout faire pour lui cacher dans "Good Bye Lenin"
Où donc est la vérité entre cette terreur glacée qui court tout le long du film de Donnenmarck et qui semble être le lot quotidien de tous ces allemands là et la véritable -même si elle est souvent gentillette- nostalgie des ces "wessies" qui ont bien du mal à cacher leur difficulté à vivre dans la brutalité de l'univers capitaliste ?
Sans doute dans cet étrange animal qu'est l'homme, qui cherche perpétuellement sa liberté au milieu d'indépassables contradictions:
Qui est vraiment Wiesler, l'agent de la STASI " HGW XX 177" ? C'est un homme à l'apparence froide, qui fait son métier sans passion mais sans états d'âmes. IL écoute, il écrit, il transmet aux chefs. Par instants, il semble touché par ces artistes qu'il ne fréquente guère. Le metteur en scène, la belle et trouble comédienne, ou l'écrivain suicidé? Il va entrer dans l'ambiguïté, continuer à transmettre puis "oublier" de transmettre. Il ne trahira pas. De plus, devenu suspect aux yeux de ses chefs, il fera avouer la belle- qu'il aime?- dans les locaux de la police. Mais il sauvera Draymann le metteur en scène au prix de sa propre perte et de la mort de l'actrice.
Il paiera -loyalement?- sa faute en "décollant" les timbres des courriers passés à la censure de la police politique, acteur passif d'un système qu'il a pourtant percé à nu.
Après la chute du mur, il devient modeste facteur, porteur de lettres qu'il n'ouvre plus, à la recherche de l'homme qu'il a sauvé et qui peut-être l'a sauvé? Celui qui a repris la longue ouvrage des écrivains maudits pour écrire "la sonate de l'homme bon" , peut-être cet oasis d'humanité dans l'univers glacé des sociétés.
Et qui est Christiane Kerner, cette honorable citoyenne, exemplaire dans une démocratie populaire essouflée, qui , fidèle au " socialisme" n'a pas voulu suivre son mari passé à l'Ouest? Elle passe ses journées, écrivain public dirait-on aujourd'hui, à envoyer aux mêmes responsables politiques que ceux de "la vie des autres" des suppiliques pour des menus services à rendre à la population, et qui sans aucun auront été rendus!
Si elle y croit, son fils , lui ,n'y croit plus beaucoup. Il est de toutes les manifestations, pour un temps encore durement réprimées, contre le régime. Mais s'il semble en phase- un temps- avec les vertus de l'Ouest, il va réagir sans nuance quand sa mère après des mois passés dans le coma va revenir vivre sa convalescence dans le petit appartement familial, après la chute d'un mur qu'elle n'a pas vu tomber: il décide et convainc tout son entourage de cacher la vérité à sa mère et de faire revivre "artificiellement" l'univers de "Lénine" dans l'appartement et autour. Quels miracles à accomplir pour retrouver le café, les cornichons d'autrefois, "détourner " les émissions de télévision avec la complicité d'un copain apprenti cinéaste fabriquant de fausses cassettes avec des discours du nouveaux responsable du parti.( un cosmonaute qui a vu le petit monde si beau de tout en haut!).. qui est amené à expliquer la ruée des gens de l'Ouest vers l'Est par l'épouvantable chômage qui règne là bas et la naturelle solidarité socialiste des Wessies: Maman avait tellement vu de BMW et de publicités tapageuses inhabituelles ( coca cola!) dans les rues lors d'une escapade imprévue ?
Et elle y croit, Christiane, ou au moins on croit qu'elle y croit. Les voisins associés au " salutaire mensonge, un choc la tuerait" sont pitoyables et crédibles.Ils ne se font pas prier: c'était mieux avant, pas de chômage, logement et nourriture pour tous.
Y croira-t-elle jusqu'au bout? Là aussi l'ambiguïté apparaîtra ici où là. Dans le comportement du père qui revit à Berlin et qui retrouve les siens.Dans l'aveu suggéré du "mensonge" par la petite fiancée du fils à Christiane? Dans l'aveu de celle-ci à ses enfants : "non, votre père ne m'a pas laissé pour une autre , j'étais d'accord pour passer à l'Ouest! " pour la liberté? par amour?
Le doute s'installe mais une dernière phrase tombe:" je n'ai pas eu le courage, j'ai eu peur pour les deux enfants dans ce monde là! "
L'amour, la lâcheté, la liberté, la sécurité, la trahison,la souffrance, la rédemption, la mort, la solidarité, le suicide, la vie. Pour la vie.
A voir et revoir. Good Bye Lénin et...au revoir?

vendredi 1 juin 2007

Le troisième tour

Non, je ne vous parlerai pas des législatives mais de Roland-Garros.Là on tire à balles réelles et la terre entière est battue. Par le vent et par la pluie. La faute aux nuages (the clouds at Saint' Cloud Gate). C'est le moment où , quand mon emploi du temps le permet, je commence à regarder quelques images. Avant on a droit soit aux interminables matchs en cinq sets entre deux inconnus méritants ou aux matchs expédiés en trois sets de Nadal . Je quitte à l'instant un palpitant Montfils-Nalbandian. L'ancien a gagné avec talent, maîtrise et sang froid. Car il a eu chaud. Mais , si tu frappes toujours plus fort tes premiers services, si tu continues à vivre comme tu le fais sur tout le court, si ton oeil malicieux et ton intelligence d'attaque les pressent encore davantage , les Nadal, les Federer et tous les autres te regarderont venir, hésitants et surpris, alors, tu seras un homme Montfils.
J'ai quand même du mal à me mettre vraiment au tennis d'aujourd'hui. Même les tenues colorées sont devenues banales et Agassi n'est plus là.
Il faut mesurer 1,90m et servir à 210km/h : bien mais y a t il quelque part un Tchang pour servir à la cuillére?
Où sont les volées de l'artiste Step Edberg, les colères de Connors, le génie gaucher et la mauvaise foi de Mac Enroe?
La nostalgie vous dis-je...Heureusement Amélie est toujours là même si sa Mary l'a quittée; et voici Marion.Et j'aime beaucoup Sharapova. Pour son tennis. Je reviendrai en deuxième semaine
Précision linguistique: j'ai entendu un commentateur parler d'une "drache" pendant le match Vliegen-Gasquet: Il s'agissait bien sûr d'une averse et l'érudit de nous expliquer que Vliegen était belge et que son dialecte local...Arrêt' m' fieu ché du chti
Ben fok j'ail fermer l'ferniette y va pluvoir din m' mason ( in picardie, y drache aussi.)