dimanche 8 juillet 2007

Le sacre du printemps


Je fais partie des brontosaures qui ne regardent pas la télévision,à quelques rares exceptions près: les grands moments de sport et les émissions d'ARTE après 23h. Hier soir, j'ai passé 105 minutes fabuleuses à "vivre" un documentaire sur la préparation d'une représentation du "Sacre du Printemps" de Stravinski. en scène L'orchestre philarmonique de Berlin, sous la direction de Simon Rattle et 250 danseurs, conduits par le chorégrapheRoyston Maldoom.
L'originalité de ce projet tient en deux trois mots: Passion de l'art, discipline et mixité sociale.
Rattle et Maldoom ont tous les deux eu la révélation de l'art. Rattle a su dès le premier orchestre entendu, à 10 ans, qu'il serait chef d'orchestre. Malldoom a attendu 19 ans pour avoir sa révélation devant un film sur la danse, où il avait été entraîné par des amiq alors qu'il vivait solitaire, sans projet et sans avenir.
Le pari de ce spectacle est simple: Maldoom choisit 250 danseurs pour la quasi totalité ignorant de l'art: ils n'ont jamais dansé. Ils ignorent la musique classique. Ils vont au rytme de leur baladeur et des paroles de rappeur. Ils viennent de tous les milieux sociaux , de toutes les communautés ethniques qui vivent dans le Berlin post mur.
pendanrt que Rattle fait travailler son orchestre et leur promet une expérience unique, merveilleuse, Maldoom se met au travail avec ses adolescents plutôt rétifs, difficiles à séduire. En fait, ils ont peur. peur de leur corps, peur du regard des autres, peur des différences. Les confrontations seront âpres, violentes parfois, à la limite de la rupture. Maldoom découvre, consterné;" ces jeunes n'ont aucune envie de se dépasser. Ils veulent reter au calme dans leur vie triste à pleurer. Il leur dit et répète: il n'y a rien de possible sans "discipline". Vous avez yous la force en vous, le talent. Ilvous faut seulement le révéler à vous mêmes. Et le moyen c'est la discipline que vous vous donnez pas celle qu'on vous impose. Même les professeurs sont inquiets de sexigences du chorégraphes. Maldoom les rassure:" je m'interesse plus à la pédagogie qu'à l'art",
Au fil des semaine , crise après crise, les corps vont s'assouplir, les volontés se tendre, l'envie de vivre ensemble apparaître. Pour la première fois, le groupe finit une répétition en silence. Ce terrible silence que tout le monde craint et plus encore ces jeunes qui n'y sont pas habitués dans notre monde de rythme, de clameurs et de violence. Ils vont soudain en découvrir la puissance créatrice. C'est la première grande victoire de Maldoom. Les danseurs vont comprendre que le corps est le langage absolu; par le moindre geste, par la plus petite expression du visage, par le mouvement. Il passe en revue" sa troupe". A chacun, il dit:" ti, tu porte déjà l'envie, toi, tu as le pote,tiel mais tu as encore peur, toi, tu refuses de te livrer..."
Le moment attendu et redouté de la rencontre entre l'orchestre et la troupe arrive. D'abord, une écoute d el'oeuvre que le chef demande à ses pusiciens de dédier àaux adolescents. "C'est la première fois que j'entends une musique slassique, e n'ai pas vu passer le temps."
Vient alors le jour du spectacle. Les danseurs errent dans les coulisses comme dans la fprêt de Merlin l'enchanteur. Tout est beuf. Tout est excitation. Il n'y a plus la peur, il y a le trac. Ils n'osaient parler de leur spectacle. Aujourd'hui, ils ont invités amis et familles.
Stravinski leur offre le meilleur sacre. Rattle tire de son orchestre" ce son venant de très bas pour rejoindre ces jeunes en train de monter un chemin pénible. Maldoom ne peut plus rien faire , il a tout donné.
Lumières. Nuit. Premier accord de l'orchestre. Les danseurs se jettent au centre de la scène, la terrible mort de la nature est là sous nos yeux, vécue dramatiquement par ces jeunes colorés. De cette force de mort, les notes , les rythmes et les corps vont arracher le renouveau. Le printemps est partout, lumineux sur le visage de ces jeunes qui saluent, qui ont trouvé sens, identité et motivation. Peut-être que l'été viendra. Peutêtre aussi dira "pessimiste" Macdoom, comme toutes les générations, nous avons sacrifié le futur pour jouir tout de suite du présent ?
Rattle, enflammé, voire sublimé dira, autant que l'air, autant que l'eau, l'art n'est pas un luxe , il est vital pour la communauté des hommes.






dimanche 24 juin 2007

Sarkozy story: Politique-réalité?


Le moins que l'on puisse dire est que le Président est présent, via les médias plutôt dociles, dans tous les foyers. On peut s'interroger sur la ou les source(s) où il puise son inspiration. Pour l'instant, j'en vois au moins une:
Les recettes ( douteuses) qui font le succès de nombre d' émissions de télévision .On peut trouver des exemples:
Voyons le gouvernement Fillon 2.
La véritable ambition du Président, qui veut tout faire lui-même, est peut-être de les étaler sur tous les murs et c'est "United colors of Sarkozy"
Ou alors les faire chanter! Et c'est "star academy".
Ou plus reposant encore, les installer au bord d'une piscine et c'est" Loft Story"

Revenons à des événements plus sérieux: l'éventuelle libération d'Ingrid Bétancourt ou l'affaire du " mini traité" ou "traité simplifié". Dans les deux cas, l'objectif était louable, les intentions certainement sincère mais la méthode choisie, que j'appellerai " diplomatie-réalité" était elle la bonne?
On a vu - et plus particulièrement dans le cas du sommet de Berlin- comment le Président a voulu mettre en scène son action et faire entrer les téléspectateurs dans les coulisses habituellement plus discrètes de la diplomatie.
Le Président aussitôt sa prise de fonction a reçu la famille d'Ingrid Bétancourt; Il a téléphoné personnellement au Président Uribe; deux fois une demi-heure; celui s'est engagé à libérer des prisonniers des Farc; il l'a fait, à la demande du Président Français;il a aussi libéré un des plus hauts responsables des Farc ( chacun sait sait qu'il s'agit de guérilléros qui à partir de revendications politiques ont dérivé vers des activités plus "lucratives", trafic de drogues, enlévements crapuleux. Chacun sait aussi que le gouvernement Uribe n'est pas non plus angélique dans sa politique et que certaines des milices qui le soutiennent n'ont pas grand chose à envie raux Farc).Et....il semble pour l'instant que les choses se soient arrêtées là: qui a manipulé qui? La médiatisation des négociations a-t-elle apporté quelque plus?
Le sommet de Berlin: Depuis son élection, on nous a largement fait connaître ses nombreux contacts diplomatiques Il a été reçu par Angela Merkel: large convergence sur non plus un mini traité( qui faisait mini Europe) mais sur un traité simplifié. Zapatero: convergence. Barroso; convergence. Blair: climat amical. Convergence ...pour un mini traité? Varsovie.: des difficultés mais le Président s'engage.
A Berlin, la mise en scène va être bien huilée. David Martinon, le directeur de cabinet va "en live" tenir informé les journalistes français et étrangers des allées et venues du Président.: " Il n'est pas au diner, il a fait appeler dans sa suite Blair qui était en train de manger ( de croquer le peu de chair consistante que le TCE avait arraché au Royaume Uni?), il écoute avec Angela ( tu permets que je te dises tu?), le jumeau polonais ( on ne saura pas si c'est celui qui dit oui ou celui qui non..au téléphone).Ca y est presque, le Président voit le Président Polonais et le Letton.Cette fois, c'est bon".
Entre majorité qualifiée, 55%,65%, racine carrée, l'exception anglaise, la concurrence qui existe toujours mais qui n'est plus un objectif et qui n'est plus "libre et non faussée" ( serait-elle contrainte et truquée?), la fatigue se fait sentir. On est tous d'accord. Il est 4h30. Le sage luxembourgeois Junker a encotre les idées claires:" Je suis content d'avoir un accord peut-être pour 2014 mais je suis sûr que ce sera beaucoup plus compliqué qu'avant!
Le Président a la victoire modeste: " Ce n'est pas pour me faire mousser, mais l'idée de traité simplifié, elle est de moi!" Hélas.
Je dis hélas parce que je crois que l'Europe, mais Sarkozy n'y a qu'une petite(moyenne) part de responsabilité, a perdu une grande ambition. Des Etats-Unis d'Europe, on était passé avec bon sens à une fédération d'Etats nations, selon la sage expression de Jacques Delors. Nous voilà avec les nationalismes de retour. Mauvais présages.( on a vu , avec une grande tristesse , des violents reproches entre Allemands et Polonais que l'on croyait relever de l'histoire et plus de l'actualité..

Je fais volontairement ce détour par l'histoire parce que cette resurgence montre les limites absolues de la méthode Sarkozy.
Celui ci sait que le monde d'aujourd'hui favorise l'instant présent. L'actualité n'attend pas. Une information en chasse une autre . On aura oublié demain ce que l'on a dit ou vu hier. Dans cet univers mental , il n'y a pas de place pour la fidélité ou le mensonge. Le temps est aboli. L'histoire est abolie. La méditation inutile, sauf quand elle consiste à respirer quarante huit heures sur un yacht. Le mouvement est perpétuel, il faut courir et courir encore puisque l'instant seul compte et que l'instant seul fuit.

La perte de la mémoire immédiate est le premier signe d'une maladie de dégénérescence du cerveau. Prémonitoire?
Il est urgent de faire de la lutte contre ces maladies une cause nationale.
Laissons disparaître les surfeurs. Il nous reste au moins l'écume des jours.
Un proverbe africain dit:" Assied toi au bord du fleuve et tu verras bientôt passer ton ennemi emporté par le courant"




jeudi 21 juin 2007

Le petit tsar de Neuilly ou l'Elysée au CAC 40


Je n'ai jamais pensé que Nicolas Sarkozy était fasciste. J'ai même souvent attiré l'attention de mes amis de gauche sur le risque qu'ils prenaient: la diabolisation est un boomerang. Chaque charge outrancière envers Sarkozy lui apportait une voix de plus. A voir le nombre de "une" de "l'hebdo des socialistes" qu'a fait Sarkozy, je ne crois pas avoir été entendu.
Je n'ai jamais cru non plus qu'il serait président: je pensais et je pense encore aujourd'hui qu'il n'en a ni l'étoffe ni l'envergure.
Mais il y a deux choses que je n'avais pas prévu: l'agilité tactique , idéologique-lui-même dirait pragmatisme- et manipulatrice de sa campagne d'une part et l'incroyable capacité d'auto destruction par les dirigeants socialistes de leur chance de victoire à travers la mise en pièces d'une candidate qui n'en pouvait mais..
Pour être exhaustif, il faut y ajouter une belle dose de machisme dans l'électorat français-y compris féminin- et quelques erreurs de parcours de la candidate elle-même.
Mais là n'est pas mon propos.
Je regarde, avec le moins d'a priori possible, les premiers pas du "Président". J'ai l'impression curieuse de voir un gamin intelligent mais un gamin espiègle et colèrique.Chef de bande de gamins des rues. Il prend un malin plaisir à faire tout ce qu'on lui a dit qu'il ne fallait pas faire, il met les pieds sur les fauteuils à l'Elysée, il court en short dans la rue, entre tsars, on boit une petite vodka, pendant que les chefs sérieux travaillent. Quand un ministre fait une petite bêtise, il le montre du doigt: vilain Eric, méchant Jean-Louis, mais c'est bon pour une fois, c'est moi le chef...Et les médias aiment cela!
Mais il EST président de la République, ce n'est pas une blague. Il est la France et cela c'est beaucoup plus sérieux.(cela deviendrait-il une tare d'être un tant soit peu intellectuel? Quel vide absolu quand il s'agit de promouvoir la grandeur et le message à portée universelle que le monde continue d'attendre de la France? Quelle faute d'analyse stratégique de penser qu'on peut diriger une nation comme une entreprise!)
D'abord les bons points ou le bon point: presqu'un sans faute sur le saut d'obstacles des élections( ah! Cette vilaine barre de la TVA sociale qui tombe à la dernière haie. Il ne l'avait qu'effleurée) achevée sur la constitution d'un beau gouvernement ( il n'y a vraiment que Besson qui fait tâche). Très habile. Moins de femmes mais aux bonnes places( Economie, Justice). Un pôle de gauche aux affaires étrangères, un pôle du centre à la défense. La diversité. Bien vu. Un peu de chance: un Juppé qui s'en va et on répare l'erreur de casting du premier gouvernement.(Borloo à l'économie)
Mais , comme dirait Cyrano de Bergerac, " c'est d'autant plus beau que c'est inutile". En effet, le seul qui gouverne , c'est le tsar:" je m'occupe de l'Europe, de la politique monétaire, de la Justice, de l'école, des handicapés etc...etc...Mais à quoi peut donc servir Fillon?
C'est haletant, c'est impressionnant, c'est épuisant! La fonction ne mérite-t-elle pas un minimum de recul?
Cela ne peut pas tenir.Déjà les premières tensions apparaissent. Les députés UMP râlent sur l'ouverture, la cacophonie s'installe dans la majorité sur la TVA sociale. La loi-cadre sur le service minimum fait tousser les organisations syndicales. Est-il astucieux de vouloir réformer l'Université en Juillet? N'a-t-il pas parlé trop vite à propos d'Ingrid Bétancourt?
Ses dossiers , contrairement à ce que son entourage a voulu faire croire, n'ont pas l'air aussi " ficelés" qu'on le dit.
Ces difficultés sont normales et le lot de tout dirigeant.
Mais je crois avoir identifié les deux traits de personnalité de Nicolas Sarkozy qui à mes yeux en font un homme dangereux:
- C'est un homme d'action impulsif et colérique, assez imprévisible
- Moins identifié, c'est un homme qui a un immense besoin de reconnaissance. Ses amis disent que "c'est un grand affectif".Aurait-il besoin d'être aimé? Et pour cela de se laisser à la faiblesse? Je le crois.
Ce n'est pas ce que l'on est en droit d'attendre d'un chef d'Etat.

Les premières mesures annoncées assez peu cohérentes( comme disait Libération ce jour, on dirait un Keynésianisme pour riches!) pourraient s'éclairer sous cet angle. Mais lorsque l'on va entrer dans "le dur", avec toutes les résistances attendues, qui va l'emporter? Le pragmatique ou l'affectif? Un jour l'un, un jour l'autre.
Le char de l'Etat risque de sérieuses embardées. Je ne les souhaite pas. On annonçait Thatcher ou Chirac. Aura-t-on Napoléon le petit? Tout dépendra de la qualité, de la finesse et de la vision de l'opposition. Je crains malheureusement que de ce côté là, on soit également mal parti.
La seule chose qui pourrait peut-être le faire changer de carrière, c'est de ne plus être tsar mais star. Avec les mêmes remunérations.Un grand patron d'une entreprise de 60 millions de...n'est-il pas payé pratiquement au SMIG?Va-t-il nous proposer l'introduction en bourse de la France?




lundi 18 juin 2007

des tours et détours




C'est comme la potion magique pour Obélix: je suis tombé dedans quand j'étais petit."Le tour de France". Oh! je sais , les malins et les madrés d'un air entendu se diront: Le Tour, potion magique, bien sûr, Dopage...
Mais je fais partie de ceux qui chaque année, comme le buveur invétéré après chaque verre, annoncent : "cette année c'est fini. L'an dernier, j'ai été abattu par la fulgurante défaillance de Floid Landis, j'ai battu des deux mains à son exploit du lendemain qui lui a remis le maillot sur le dos.Et consterné par la révélation de son dopage." Et puis Riis, et Basso et Ullrich et tant d'autres, et le plus inadmissible, Lance Armstrong. J'ai été dupé par le dopé. A l'insu de mon plein gré.
Mais je sais qu'à l'approche des grandes étapes de montagne, une force magique me raménera devant mon petit écran. Avec mon plein consentement. Et je me dirai aencore que cette fois c'est bon, les compteurs ont été remis à zéro.
Les paysages les plus grandioses, des montagnes sous les brumes, des descentes vertigineuses sous la pluie, le Ventoux, désert infernal sous le soleil assomoir. L'invraisemblable charivari de la caravane , des motos , le gymkhana des vélos, le cliquetis des chaînes, le sourire du vainqueur, les larmes des attardés qui ne veulent pas mourir. Et les souvenirs qui se bousculent.
Il y a très longtemps, la vie d'avant la télé, les reportages "radio" , on entendait comme si on y était ...Et Roger Hassenforder ...Oui Roger Hassenforder franchit en vainqueur la ligne, les deux mains levées et un pied sur le guidon..juste avant l'assiette de yaourt avec des morceaux de pêche.Quel régal..
Mes premières images télévisées: la célèbre passe d'armes dans la montée du Puy de Dôme entre le grand méchant et le gentil, Anquetil et Poulidor, quand la france jouait déjà à être manichéénne.J'étais pour Poulidor mais je voulais qu'il gagne , quand même , à la fin! ( c'était l'époque où mon professeur de français de première,abandonnait de temps à autre Voltaire , Rousseau et le 18ème, pour se tourner en silence vers la fenêtre givrée des hivers valenciennois, le regard dans le vague et soudain s'écrait; " il n'y a rien de plus beau que l'effort grimaçant de Poulidor ou alors... la sécheresse des plans des films de Robert Bresson" Comme quoi, la littérature mène à tout.
J'ai quasiment oublié les années Merckx, Hinault, Indurain. Trop d'activités professionnelles. Et semble -t-il le début des tours ennuyeux. Et toujours le même vainqueur: au train dans la montagne, je limite les dégâts. Tout seul contre moi, je suis le meilleur.
Mon intérêt, comme celui pour le football, va revivre à travers les enfants. Et là , on va innover: on va aller les voir en vrai. D'abord timidement. Partant de Lille, on ira jusqu'aux alentours de Liège, en Belgique: un contre la montre individuel. Le jeu consiste à essayer d'entr'apercevoir àtravers les rangs compacts des spectateurs, chaque coureur passant environ toutes les trois minutes, le nez dans le guidon, les chaînes qui dans l'écrasante chaleur d'une canicule wallone chantent comme un vol de cigales.Le temps d'admirer la technique de mes garçons: l'un a le classement entre les mains, l'autre le chronomètre, on sait immédiatement qui a de l'avance sur qui; mieux informés qu'à la télé! La convivialité en plus.
Alors , on va faire mieux. De la famille installée à Grenoble, ce sera l'année suivante 1600 kms en cvoiture pour s'installer au matin dans le cormet de Roseland juste pour voir émerger du brouillard un Stéphane Heulot en Jaune ( qui connaît Monsieur Heulot?) suivi de tout le peloton. 45 secondes d'émerveillement. De plus, on sera rentré à Grenoble pour l'arrivée à la télé!.
Plus fort encore l'année suivante. Grenoble encore sur un week-end. Cette fois , les mythiques virages de l'Alpe d'Huez (il y en a 22). Il faut joindre à l'effort du monospace, l'effort physique:on se gare en bas de l'Alpe et on remonte pour être placé à l'endroit des "attaques". Neuf virages à monter à pied. Allégrement.Les couleurs, la caravane, les klaxons, les Grands, tous en tête, et c'est fini. On échange avec nos voisins néerlandais. Ils sont arrivés la veille et dorment dans leur caravane. On redescend, lentement, les jambes sont lourdes. On ne verra pas l'arrivée à la télé. Mais c'est encore plus beau. On échange avec des belges, des italiens, le tour 66, la victoire de Lemond avec huit secondes d'avance sur Fignon.Les garçons feront un écart et raconteront le "carrefour" de l'arbre, un jour de poussière, où pour la première fois venus sur une autre course que le tour, ils ont vu arriver, tel un archange noir, Andréi Tchmil lancé comme un train fou vers la victoire à Roubaix.
Ce sont les dernières gouttes de vraie croyance: les années "dopage de masse", professionnel sont là; personne ne peut plus fermer les yeux. Voici Festina, Virenque, et tous les autres. Le plus triste et douloureux, la mort de Pantani, le Pirate. Le plus cynique, l'impardonnable, parcequ'il a projeté sept ombres définitives sur le tour, abrité derrière sa résurrection? Lance Armstrong...Mais il est tard , Monsieur, il faut que je rentre . Mais demain, demain j'attendrai La Madeleine, on ira au Tourmalet, il n'y aura plus d'EPO, et la Madeleine, moi, j'aimerai ça!..








vendredi 15 juin 2007

Le grand Meeting


Voilà , c'était le meeting. Vous ne me croiriez pas si je vous disais que c'était mon premier meeting politique.Un meeting de gauche à deux jours de la deuxième vague bleue annoncée, fêtée en avance par tous les tambours et les fifres des médias et sondeurs surfant , avec rires et champagne , sur la dite vague. Woincourt! Qui connaît Woincourt? Le Vimeu est cette région de Picardie, entre baie de Somme et Seine maritime , où le pays est plat mais où les senteurs de la mer el la verdure des bocages donnent vigueur à la nature. Woincourt, comme tous les bourgs du Vimeu vit aussi de l'industrie spécialisée de la région: serrurerie, robinetterie, clés( pour l'ouverture!). Vieille activité remontant au moins au 17 ème siècle. D'abord comme travail de complément pour les paysans, puis socle de l'activité artisanale, puis, essor du chemin de fer aidant, prémices d'une activité industrielle qui verra fleurir les usines. On sait que le Vimeu est une terre de travail, d'efforts, de mérite, d'ouvriers et employés qui n'ont pas attendu les injonctions déplacées d'une bourgeoisie nationale moralisatrice et insultante. Et c'est foule de gens simples , modestes, mais fiers qui se pressent vers la salle polyvalente de Woincourt. Ils ont pris un grand coup le 6 Mai et depuis ils ne savent plus si encore une fois, ils vont devoir se faire petit devant les puissants du jour. Oh, bien sûr, on n'est plus au temps de Germinal - il y a même des collègues qui ont cru les propos démagogiques de l'autre- " travailler plus , gagner plus " bien sûr mais si le chomage ici est plus faible que la moyenne nationale, les CDD et les temps partiels et l'intérim sont monnaie courante: on vit au royaume de la précarité. Alors, pas de leçon de morale, ils ont travaillé beaucoup pour les plus anciens et ils ne peuvent pas travailler plus. Et les plus jeunes souvent employés à des salaires bien au dessous de leur qualification, ou dans des statuts précaires, ils voudraient bien prendre des risques, acheter " devenir propriétaire".
Alors , sans euphorie, ils reviennent vers la salle polyvalente,ils vont écouter Vincent Peillon , leur candidat , dynamique, courageux, maltraité naguère par des chasseurs mal informés, ils vont retrouver Ségolène Royal qui les avaient compris au mois de Février.
Je suis au centre de la salle , assis parmi ces sympathisants. Ils vont écouter avec patience les discours de "chauffe" plus ou moins réussis par des politiques locaux. Bien sûr, il n'y a pas plu manichéen qu'un meeting. Et dix fois l'on va nous parler du yacht à Malte, du Fouquet's, des privilèges pour les riches, et puis de cette TVA " sociale", celle qui va venir prendre dans la poche des petits l'argent nécessaire pour payer les cadeaux des riches". La salle écoute, y croit un peu , sous les injonctions du DJ local, elle va même timidement applaudir, reprendre les slogans. On les sent inquiets, troublés par la défaite, par l'image des divisions renvoyée par des médias à la parole gourmande.
Et puis, par le fond de la salle, "ils " vont arriver. Vinccent et Ségolène côte à côte s'avançant lentement vers la tribune. Les applaudissement se font plus vifs. Ce n'est pas l'hystérie.mais l'émotion est palpable. Ségolène, tailleur blanc, chemisier fuschia sourit. Je suis surpris: voilà quà mon tour, l'émotion m'envahit. Je mesure en l'instant, toute la force du soutien que j'ai essayé d'apporter dans cette campagne.
S'il n'y a pas d'hystérie, il y a une force magnétique autour de l'ex ( qui va nous dire qu'elle est prête à le redevenir) candidate.
Le discours de Vincent Peillon sera incisif, brutal, subtil, pertinent et iconoclaste, sur le fond et la forme: brillant.
Ségolène, en bouquet final- elle n'est pas tribun-enverra des promesses de lauriers pour Vincent et un engagement de chaque instant pour les échéances à venir.
La foule cette fois n'a pas envie de quitter la salle. Sur la scène, Ségolène signe et resigne des dédicaces, sur un bout de papier, sur un tee shirt, autant de mots que de sourires; Nostalgie et détermination:
oui, il reviendra le temps des cerises.(1).. les lumières vont s'éteindre. Et le souvenir que je garde au coeur

(1) Chanson de Clément Commune de Paris 1870!...)

dimanche 10 juin 2007

C'est dans la poche?


Finalement j'hésite: parlerai-je de rugby ou de politique? Les "petits bleus" ont été balayés par une vrai marée " toute noire". Le prochain tour sera-t-il "orange"? Les roses , les verts et les oranges semblent sur le point d'être submergés par le "grand bleu". Les rouges et bruns sont en voie de perdition. Les "wallabies" créeront-ils la surprise?
Pour le Rugby, on a encore un peu de temps , même s'il ne suffira pas de dire "Haka" pour se mettre les "kangourous" dans la poche!
Alors les législatives. Saviez-vous qu'il y avait des élections aujourd'hui? Mais non , bien sûr la Pravda n'en a pas parlé.
Mais parlons en peu donc avant le deuxième tour

1) Un petit calcul (vieux réflexe de l'ancien mathématicien):
- Second tour des présidentielles 44,5 millions d'inscrits 85% de votants 36 Mil de suffrages exprimés
SARKOSY 53% soit : 19,8 Millions de partisans

- Premier tour des législatives 44,5 Millions d'inscrits 60% de votants 25,9 Millions de suffrages exprimés
UMP 41% soit : 10,6 Millions de partisans
(en prenant les hypothèses de report de l'IPSOS (55% au second tour pour la majorité présidentielle sans variation de l'abstention)
Majorité Présidentielle 14,3 Millions de partisans
Conclusion SARKOSY A PERDU ENVIRON 5.5 MILLIONS D'ELECTEURS..... QUEL TRIOMPHE!

32% du corps électoral pour la majorité présidentielle: entrte 65 et 85% des sièges au Parlement! QUELLE DEMOCRATIE!

2) Un rêve: une belle mobilisation de gauche au deuxième tour
20% sur les 25% qui ne sont pas déplacés entre les deux élections reviennent voter à gauche et 5% à droite

La Gauche 17,9 Millions d'électeurs
La majorité présidentielle 16,8 Millions (il faut 19% pour passer devant!!!)

Revenons sur terre: la seule ligne politique qui devrait être tenue par tous les démocrates, c'est la victoire du pluralisme, une majorité qui gouverne , une opposition qui s'oppose, propose et prépare les aternances.Les représentants du parti unique , ce soir sur les plateaux de télévision, tout sourire et tout miel, proposent la diversité....à l'intérieur du parti: demandez à Monsieur Dupont-Aignan ou même à Madame Alliot-Marie ce que cela signifie.Ils proposent à toutes les bonnes volontés fussent-elles de gauche, voire du centre , de rejoindre le grand mouvement majoritaire "dans l'intérêt de la France"
C'était le discours du berger à ses ouailles dans la France catholique de mon enfance: " un seul Seigneur, une seule foi, une seule église, un seul Dieu et maître". Débattre de la justice sociale, diverger sur l'analyse et les solutions à apporter dans l'égalité des droits et des devoirs, la construction d'un état impartial, d'une démocratie représentative et participative, d'une Europe forte et sociale, d'une plus grande fraternité sur notre planète ne relèvent pas de "querelles stériles" et de "façon dépassée" de faire de la politique. Est-on "Moderne" quand on reconduit des députés sortants qui sentent terriblement le passé( je ne citerai pas de noms!),Peut-on appréhender le monde nouveau quand on voit la place des jeunes, des femmes, des français issus des quartiers abandonnés dans la "chambre bleue horizon "qu'on voudrait nous imposer.
Vous entendez la petite musique magique qui nous envahit, lente , belle et mélancolique. Ce n'est pas celle de l'a vie ou de la joie. C'est celle de l'imposture toujours étroitement mêlé à la sincérité, c'est celle du joueur de flute floué, généreux et cynique, de la légende des rats de Hammeln: "Les petits enfants dans leur chemise de nuit suivaient le vent et le pipeau dans la nuit, il les mena à la rivière et les noya..." Nous savons ce qu'il nous reste à faire

vendredi 8 juin 2007

Que reste t il de nos vingt ans...


Soir de nostalgie envahi de chansons qui me baladent de l'adolescence au jour qui va venir, des visages d'interprètes qui m'apparaissent tels que je les ai vus "en vrai": Hugues Aufray, Graeme Allwright, Barbara, Guy Béart, Jacques Brel, Georges Brassens, Patrick Bruel, Georges Chelon, Julien Clerc, Vincent Delerm, Jacques Dutronc, Léo Ferré, Michel Fugain, Serge Gainsbourg, Françoise Hardy, Michel Jonaz, Maxime Le Forestier, Nana Mouskouri, Georges Moustaki, Noa, Edith Piaf, Sylvie Vartan....et j'en oublie.
Elless habitent mon espace
"Dans le port d'Amsterdam, il y a des marins qui chantent les rêves qui les hantent au large d'Amsterdam..." et résonnent encore "les cloches qui sonnent entre les tours de Bruges et Gand" , " ce plat pays qui est le mien".
"Dans ce bassin où vivent des enfants aux yeux noirs, il y a trois continents et des siècles d'histoire, des prophètes, des dieux, le Messie en personne, il y a un bel été qui ne craint pas l'automne en Méditerranée" entendue un jour de soleil à Byblos au Liban.
"Je suis le dauphin de la place Dauphine et la place Blanche a mauvaise, le café est dans les tasses , les cafés nettoyent leurs glaces, il est cinq heures, Paris s'éveille, je n'ai pas sommeil" hurlé un matin à l'aube dans les rues de Paris au bras d'une belle oubliée: on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans!.
" Nous, nous avons nos matins blêmes et l'âme grise de Verlaine, eux c'est la mélancolie même, à Göttingen, à Göttingen"
" Si tu passes là bas vers le Nord, où les vents soufflent sur la frontière, n'oublie pas de donner le bonjour à la fille qui fut mon amour"
Elles m'aident à prendre la mesure du temps
" Je voudrais changer les couleurs du temps, changer les couleurs du monde.."
"Buvons encore une dernière fois à l'amitié, l'amour, la joie, on a fêté nos retrouvailles, ça me fait de la peine mais il faut que je m'en aille"
"Nous prendrons le temps de vivre , d'être libre , mon amour, sans souci et sans habitude, nous pourrons rêver notre vie"
"Avec le temps, avec le temps, alors vraiment on n'aime plus"
"Ca sert à quoi toutça, ça sert à quoi tout ça, ne me demandez pas de vous suivre,ça sert à quoi tout ça pour le peu qu'il nous reste à vivre"
"Quand nous chanterons le temps des cerises et le souvenir que je garde au coeur..."
"Même en courant plus vite que le vent, plus vite que le temps, même en cent ans , je n'aurais pas le temps, non pas le temps.."
"Dis, quand reviendras-tu, dis au moins le sais tu , que tout le temps perdu ne se rattrapeguère, que tout le temps perdu ne se rattrape plus"
"Morte saison, elle est partie ma paysanne, avant le temps de la moisson..."

et l'amour toujours stupide et sublime, éternel et éphémère, primesautier et pitoyable
" Femmes , je vous aime, femmes , je vous aime, je n'en connais pas de faciles..."
" Je voulais te dire que je t'attends..."
" Elle a au fond des yeux un horizon de feu où s'embrasent les coeurs des marins oubliés, une échelle de rêve sur laquelle se tient un homme abandonné qui me ressemble bien"
" La nuit est si belle, et je suis si seule , je n'ai pas envie de mourir je veux encore chanser, danser et rire, je ne veux pas mourir, mourir avant d'avoir aimé"...une cetaine Esméralda
" Pourquoi ces fleurs dans le jardin Cette nuit bleue illuminée
Par les étoiles, je sens que le printemps revient mais qu'il ne me sert plus à rien qu'à me faire mal, malgré tout, malgré le temps, je te revois rire et courir à travers champs, ce fut mon dernier vrai printemps, tu t'es endormi pour longtemps, pour rop longtemps..."Dans un autre monde très loin Y a parait-il un jardin Plus beau qu'ici Un grand théâtre où mon amour Joue et continue chaque jour D'aimer la vie......"
" Je suis venu te dire que je m'en vais comme dit si bien Verlaine au vent mauvais.."
" Suzanne t'emmène écouter les sirènes, elle te prend par la main pour passer une nuit sans fin...."
" les escaliers de la butte sont durs aux miséreux, les ailes des moulins protègent les amoureux"
" Oui mais moi, je vais seul dans les rues l'âme en peine , oui mais moi je vais seul car personne ne m'aime.. mais non..." ce soir je serai la plus belle pour aller danser, danser é, pour mieux évincer celles que tu as aimées é é é" Oui j'avais seize et c'était Sylvie.
"J'ai manqué des passages, survolé certaines pages , sauté des paragraphes, les jambes de steffi graf "
" En quelle saison, reviendra -t -elle ma paysanne, en attendant pleure la campagne il n'y aura plus de moisson"
" Mais vous pleurez, Milord, ça j'l'aurai jamais cru...
Non , rien de rien , non je ne regrette rien.....