lundi 10 mars 2008

J'aime pas les machines à voter



Les élections municipales e ce 9 mars, ont été à Amiens l'occasion de nous faire tester les fameuses machines à voter(?).
Mais je serais vraiment furieux qu'il n'y ai pas un véritable débat sur le sujet.Il faut en effet regarder si ces machines apportent quelque chose de plus à cette expression la plus stratégique de la volonté populaire : le suffrage universel. Or, je ne vois dans le nouveau processus qu'un gain mineur apporté par ces nouvelles technologies: une ou au mieux deux heures de délai gagné pour les résultats. Quel intérêt par rapport aux heures de palabre télévisuelle qui vont suivre? Quelle est l'avancée démocratique?
Mais, en regard de ce " progrès" , je vois clairement deux reculs évidents pour la démocratie:
- Le " cérémonial" actuel a été mis au point par plus d'un siècle de pratique du vote personnel, secret et contrôlé dans la forme: établissement du matériel, isoloirs, urne surveillée en permanence, dépouillement effectué avec recoupement et recomptage. Certes aucun système ne peut garantir absolument l'absence d'erreurs ou de fraudes, mais celui-là est bien rôdé. Qu'en est-il de la fiabilité de la machine électronique? il me semble que l'on passe du secret contrôlé à la magie, à la boîte noire: l'électeur en est réduit à faire confiance à la fiabilité des pièces électroniques, et surtout au logiciel de comptage. Circulez, il n'y a rien à voir. Qui a fait le programme, qui y a accès, qui contrôle la machine lorsqu'elle a quitté le lieu de vote.?
Le résultat appartient-il à la machine? Je vois là une quantité non négligeable de risques de tricherie.
- outre que le rituel du dépouillement fait partie du processus de contrôle des résultats, il est aussi un grand ( dernier?) moment de démocratie locale. Qui n'a jamais participé à ce moment de découverte de l'expression populaire avec ses caractéristiques de bureau, ses surprises, sa rigueur méthologique, son atmosphère tendue, ses cris de joie et de déception ne peut mesurer complètement le sens de l 'expression "souveraineté populaire" et donc de démocratie vivante.
Qui n'y a pas emmené un jour ses enfants leur a fait manquer un grand moment d'éducation civique.
J'aime les technologies nouveles, J'aime le progrès technique, politique et social.
Je ne suis pas sûr que toute technologie soit un progrès. Le risque est grand pourtant de n'être qu'une fois de plus , une voix qui crie dans le désert.






jeudi 21 février 2008

Lutter contre le racisme? vive l'arbitre!


La lutte contre le racisme ne relève pas d'interventions à la limite du politiquement correct par les habitués de la bien pensance organisée dans les journaux télévisés. Il s'agit d'un combat permanent qui passe par la répression inlassable ( les lois existent) et plus encore par l'éducation dans les médias, à l'école, dans les stades.
Je ne suis pas sûr que le feu de paille ultra mis en scène de l'"affaire Ouaddou" pénètre au delà de la surface des choses: le secrétaire d'état à Valenciennes, le ministre de la justice en colère, le président de la ligue en première ligne, l'arbitre comme toujours en bouc émissaire, j'appelle cela la politique spectacle.
Evidemment les mesures éducatives n'ont rien de spectaculaire et ne font pas de nouvelles voix électorales. Mais à force de faire du " spectaculaire" ne risque t on pas l'instrumentalisation et la banalisation. Bien sûr ces réactions - comme toutes les réactions - peuvent déclencher des prises de conscience mais l'éternelle répétition de ces faits divers du racisme fait craindre que l'intendance ne suive jamais:
- A quand la mise en valeur des nombreuses actions contre le racisme mises en oeuvre par les éducateurs, à l'école, dans les clubs sportifs et dans les associations culturelles? Leur extension?
-A quand des émissions télévisées sur les mesures de lutte contre toutes les discriminations, les actions engagées et à engager par les citoyens pour l'accès à l'emploi, au logement et à la culture?
- A quand la mise en oeuvre d'un service national d'intérêt général dans lequel les citoyens, hommes et femmes, de toutes origines sociales et culturelles, apprennent la citoyenneté?
- A quand une Fête de la Citoyenneté, mettant en exergue nos valeurs communes sur fond de diversité culturelle?

L'on ferait plus ainsi pour rassembler et valoriser le vivre ensemble au lieu d'encourager - pour le bienfait supposé d'un avantage médiatique- toutes les dérives de mémoires sectorielles.
L'identité nationale y gagnerait. Le football-activité ô combien médiatisée- est déjà mal engagé sur la voix de la fabrication de boucs émissaires. Qu'il utilise ses liens populaires privilégiés pour promouvoir chaque jour à l'entraînement, chez les professionnels comme dans les plus petits clubs amateurs, dans les grandes émissions de foot, des actions concrètes de sensibilisation à la lutte contre le racisme et les discriminations: matchs de gala " de toutes les couleurs", concours du jeune footballeur citoyen. Le journal " football citoyen" a déjà pris des initiatives ; mais il n'est disponible que sur le net.
Alors la solidarité reviendra, la violence reculera.
La fédération doit promouvoir une opération" un club, un arbitre parrain contre le racisme et pour la citoyenneté: une partie des fonds " Télé" doivent aller à e projet. Toute valorisation du citoyen passe par la reconnaissance du rôle de l'arbitre
Je suis bien naïf! Oui et consciemment.
Messieurs les journalistes sportifs, tirez les premiers et, au delà des "fautes" relevées depuis votre fauteuil, assistés de 50 caméras, dites vive la relation humaine, vive l'arbitre! Je sais que c'est dur mais il faut en passer par là! Encore un petit effort, Monsieur Guy Roux...







jeudi 20 décembre 2007

Vous avez dit " Culture"?


La lecture de deux articles récents de la presse( sur Internet, évolution oblige!) m'ont fait méditer sur la notion de culture, avec le moins de prétention possible: un texte sur la culture française qui , selon certains, aurait perdu toute influence dans le "Nouveau Monde " et un autre sur la "perte de la mémoire" dans les sociétés occidentales.
Selon le premier, la prépondérance des "Intellectuels français" aurait totalement disparue des universités américaines. Adieu Derrida, Deleuze ou autre Foucault. Sans parler de l'école de sociologie de Bourdieu. Leur pensée visitait le vieux vingtième siècle et sentait le vieux monde. Avec leur bannissement refluent la raison à la française, la langue de Molière et un certain art de vivre.
L'autre article s'inquiète de l'invasion massive dans nos vies quotidiennes de mémoires " supplétives": d'une part les possibilités de stockage infini procurées par les puces et disques informatiques , par un effet de vases communicants, réduisent d'autant la nécessaire discipline de travail de notre mémoire avant même que la maladie d'Alzheimer n'y apporte le coup de grâce; d'autre part, l'individualisation de nos modes de vie et la tyrannie du présent atrophient la dimension collective de nos "apprentissages" alors que l'on sait que ce sont les vieilles chansons , les vieilles histoires du " folklore" ou simplement de " notre histoire" que l'on conserve le mieux." Il était une bergère...Combien de marins...Lorsque l'enfant parait..Voilà pourquoi votre fille est muette..."
Qu'est-ce qu'un monde sans mémoire? Un monde sans avenir.
Mais dans un monde " globalisé" certes mais où tout est encore possible, peut-on encore parler de culture? Locale? Française? Européenne? Chinoise, Algérienne ou Africaine, Colombienne ou Lybienne?
Quels indicateurs choisir? La consommation des produits culturels? Le caractère encore "naturel" de certains modes de vie ? La prégnance de la langue ? L'éternelle bataille entre Nature et Culture? ( la préoccupation " écologique" perturbant le débat)
Devant ces " vastes" questions...quelques nombres et quelques intuitions:
- La consommation de produits culturels : Le livre d'abord. le temps consacré à la lecture par les français, petits et grands, diminue faiblement mai régulièrement ; le temps libre est de plus en plus utilisé pour la télévision ( 4h par jour en augmentation de 2% par an) et l'informatique ( Internet : 30 mn par jour mais en augmentation de 30% par an).Le nombre de produits augmente et donc la diffusion de chaque diminue: privilège à la notoriété sur la qualité?Priorité de l'image sur le texte?Révolution dans les modes de diffusion? Rien n'est joué.
Le cinéma: le nombre d'entrées augmente , semble-t-il, dans le monde entier.Aux Etats-unis, au bénéfice des films locaux. Signe d'un repliement sur soi? En France , le cinéma américain perd 17 points de marché entre 2000 et 2007( de 77% à 60%).
Progrès du cinéma français, coréen, européen ?
Si on regarde les produits "grand public", les films américains d'action et de spectacle tel "pirates des caraïbes" le disputent aux films français " légers" tel" Les Bronzés 3". Mais quand on regarde la liste des meilleurs films pour les lecteurs de Télérama, on constate une réussite impressionnante du cinéma français et européen."La vie des autres" et "de l'autre côté" des allemands Von Donnesmarck et Fatih Akin, Le Roumain Munglu y représente le jeune cinéma de l'Europe nouvelle. 2006 avait sacré Pedro Almodovar et "Volver". Ces films disent une histoire, une atmosphère, une culture. Ces qualificatifs ne conviennent-ils pas aussi aux quelques films américains présents dans ce palmarès: avec David Cronenberg, Bilge Ceylan le turc ou Woody Allen le plus européen des américains?
Enfin la chanson: Une nouvelle vitalité avec ce que l'on appelle " la nouvelle scène française" de Delerm à Juliette, de Jeanne Cheral à Bénabar ou Sansévérino; avec la résurrection du folk américain?
- La concentration des moyens de production, des moyens financiers, la rapidité de diffusion de produits dits " culturels" à travers le temps et l'espace permettent sans doute une standardisation internationale de tous les produits, fussent-ils de l'espèce particulière culturelle. Mais ces mêmes moyens de communication permettent aussi une découverte réciproque des cultures, un échange permanent , une relativité qui mène à la tolérance et au respect.
Certes il faut veiller sur nos sabliers : car rien n'est jamais acquis et comme toujours le temps s'en va , madame, le temps s'en va ...et nous nous en allons.Il faut veiller sur nos mémoires, individuelles et collectives, même si la culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié!
On peut avoir la nostalgie du temps où toute l'Europe parlait français, où la seule langue juridique était le français.
Mais au delà de Babel. Au delà des discours affolés des prophètes de malheur confondant sagesse et angoisse, du nihilisme chic de moralistes désabusés, il nous faut construire sans naïveté ni fadeur le respect des vraies différences et l'avénement d'un Universel accepté . La langue française- et la culture peut-être- y a souvent contribué. Puisse-t-elle être encore demain porteuse de ces valeurs. Peut-être dans le cadre élargi de l'Europe. C'est le combat de ce siècle.Car il y en aura un autre.De siècle.

mardi 4 décembre 2007

Arrogance et complaisance


De Napoléon à Pétain, de Versailles à Vichy, de Munich à de Gaulle, la France dans son histoire a connu des heures de gloire et des heures de lâcheté.des heures de force universelle et des heures de soumission aux plus forts.des cris d'arrogance et des basses flatteries. Il ne m'appartient pas de juger l'actuelle période et son Président de la République: c'est l'Histoire qui le fera.
Certes la politique entre états relève plus de la défense des intérêts de chacun que de la morale.Est-ce pour autant que toutes les fins justifient tous les moyens?
Au motif d'une saine appréciation des rapports de force, faut-il s'incliner devant les puissants par l'histoire ou par les circonstances( Bush ET Poutine, Khadafi ET les FARC)?
Faut-il mépriser ceux qu' à tort on estime faibles? Les africains par le discours de Dakar, le Tchad par l'ingérence dans la justice de ce pays?
Il est troublant de constater que ce comportement apparent dans les affaires internationales est le même dans les affaires intérieures.Sitôt au pouvoir, on s'incline devant les puissances d'argent, Fouquet's, yacht et paquet fiscal. On s'attaque aux " privilégiés" que seraient les cheminots ( qui oserait-au nom de l'équité- comparer une retraite d'ouvrier du rail - même à 55 ans- et celle d'un président de la République eut-il 70 ans!)
Il me semble qu'on retrouve là tous les ingrédients du "péché originel " du sarkozysme.
Cette philosophie de l'action qui dit refuser de s'appuyer sur des idées, préférer le mouvement permanent quite à transformer les citoyens potentiels d'une démocratie forte en spectateurs fascinés d'une saga dont ils découvrent un nouvel épisode chaque jour à 20 heures.
Les français aiment le spectacle quand il est de qualité. Ils aiment parfois se laisser bercer par les flatteurs du monde médiatique , artistes ou journalistes, et oublier l'événement d'hier pour la surprise du jour.Pas de passé( la repentance est triste), pas d'avenir( entre réchauffement climatique et panne de pétrole). Un seul présent: le journal de TF1.
Mais les Français sont aussi et avant tout des rebelles. J'ai en leur sagesse une confiance entière et quand ils se réveilleront, ils ne seront pas prêts à pardonner à ceux qui ont inconscients ou cyniques bradé leur honneur et leur histoire.
La France qu'on veut nous vendre ( pour gagner plus?) n'est pas ma France . n'est pas la France des Français.N'est pas la France des amoureux de la France.
La France ne se mesure pas à la Bourse de Paris ou d'ailleurs. Elle se fait aimer dans le coeur de nos provinces. Dans l'estime des étrangers. dans la vitalité de sa langue. Dans le respect de toutes les cultures.Dans la générosité de ses grandeurs et dans l'humilité de ses compassions.
En un mot, elle n'entrera jamais au CAC 40.
Elle gardera toujours les parfums de ses poètes passés, présents et à venir.

lundi 23 juillet 2007

vacances et vigilance


Le temps s'étire.Le tour de france se prélasse: les paysages grandioses l'emportent clairement sur les vagues péripéties de la course. Même le furet se fait plus discret: il est passé par ici, repassera-t-il par là? Tous les muscles se détendent, on attend le soleil, la mer, le repos.
Allez! Une dernière consigne pour la route et rendez-vous dans un mois:
Le président a fait des choix forts. La constitution et le vote du peuple le lui permettent.Ces choix reposent sur un pari, une méthode et un style.
Le pari est celui du "Choc psychologique": finis les récriminations, les dépressions, le nihilisme. Tout le monde se remet à y croire et la croissance va repartir.
La méthode, c'est l'action: après au moins vingt ans d'immobilisme et de réflexion, il faut agir; assez de tergiversations, "je ne suis pas un intellectuel, les théories , pour moi, vous savez!"
Le style, c'est "je suis partout": présence sur tous les sujets, politique intérieure comme extérieure, surexposition médiatique ( un clou chasse l'autre), les ministres y compris le premier se demandent quel rôle de composition il peut bien leur rester.

Voilà, le rideau sur la cinquième république bis est levé. Et si l'on peut "in petto" émettre quelques réserves, il faut-beau joueur-laisser se jouer le premier acte.
"in petto" toujours, on peut penser qu'en ce qui concerne les réformes annoncées, le président a commencé par le plus facile, les cadeaux fiscaux à 200000 personnes. Pas trop dur. On attend, la reprise de la croissance , la réduction de la dette, la réforme de l'Etat etc...
Si les promesses faites à la masse des Français sur la réduction du chômage, l'augmentation des salaires, si les promesses faites à notre environnement international sur la réduction des déficits et pour une approche plus libérale de l'économie ( qui va trancher entre Monsieur Guaino et Monsieur Baverez?),si les engagements (?) pris auprès d'un électorat très sensible aux problèmes d'immigration, ne venaient pas assez vite, on peut se demander lequel des personnages multiples qui se cachent derrière notre séducteur et autoritaire, libéral et protectionniste, narcissique et affectif, laïc et communautariste président, prendrait le dessus?

S'il est démocrate de lui accorder le bénéfice du doute et même l'espoir de la réussite au service de tous, avant de plonger donc au coeur de l'été (et sans doute après), il nous faut être vigilant. Je retiens trois domaines qui réclament de la part des citoyens et de la société civile la plus extrême vigilance:
- La liberté de la presse: Est-ce l'état de grâce, la fascination ou une certaine mainmise? Toujours est-il que le danger d'un contrôle total de la presse ( déjà réalisé dans les médias audio visuels) est réel et demandera sans doute des réactions collectives;
- Les libertés publiques: certes la lutte contre le terrorisme préoccupe légitimement les opinions publiques et les dirigeants du monde occidental en particulier. Faut-il pour autant aller vers la société de contrôle ( vidéo surveillance intensive, création de fichiers de plus en plus exhaustifs, croisement de ces fichiers, utilisation des technologies numériques qui permettent à qui le peut et qui le veut de suivre à la trace tout citoyen?) Quelles informations entre les mains de qui? Nos sociétés sont elles tellement fatiguées qu'elles sont prêtes à subordonner les libertés à la Sécurité? La Commission Nationale de l'Informatique et Liberté vient de publier un rapport sur le sujet plus que préoccupant. Il a fait peu de bruit, preuve que l'opinion n'est pas assez alertée et que la réflexion et l'action juridique prennent toujours du retard dans ces domaines. Là aussi, les réactions collectives seront indispensables.
- Enfin, l'évolution de nos institutions. Les conditions dans lesquelles le Président a mis en place "sa" commission de réflexion sur les institutions ne me rassurent qu'à moitié. Comme Robert Badinter, j'aurai préféré une commission parlementaire. La constitution de la cinquième république n'a pas mis en place un régime présidentiel. Le passage du mandat présidentiel à cinq ans et la coïncidence de l'élection présidentielle et des législatives modifient sensiblement le mode de fonctionnement de la république. La vraie question en jeu reste: quels contre pouvoirs à un président que la nouvelle donne pourrait rendre tout puissant et irresponsable? Là encore, l'opinion ne se sent pas toujours concernée par ces questions de "droit". Mais , il s'agit d'un enjeu essentiel. De ces éventuelles réformes, dépendra l'évolution du régime vers une démocratie renforcée et pluraliste ou vers je ne sais quelle nouvelle "république impériale"

Où que vous preniez votre repos, et quelqu'en soit la forme, gardez un petit espace de votre cerveau pour ce rôle de vigile. A nous retrouver.

jeudi 12 juillet 2007

Recette du jour: La bouillabaisse miraculeuse


Vous prenez un début de saison, fin Juin, début Juillet. Personne n'est encore vraiment parti en vacances, mais personne n'est plus vraiment là: on boucle les derniers dossiers et on repousse le reste à Septembre. On ne sait jamais, la rentrée pourrait être fraîche.Le changement climatique est fantasque; tantôt froid, tantôt chaud.
Vous y ajoutez une plage tranquille du Nord (je vous suggère un bon petit Cap gris Nez des années 50)
Vous préparez tout le matériel possible: filets à crevettes, ligne à maquereaux pour la pêche à la traîne, chalut pour les gros thons, une grosse lampe torche si vous voulez attraper les bouquets(ils ne se laissent prendre que la nuit à la lumière).
Enfin, il vous faut un pêcheur de génie, connaissant le menu fretin et les gros poissons. Habitué à nager en eaux troubles. Séduisant, habité par une libido communicationnelle:" Un saint François de la mer qui parle aux poissons qu'il appelle "mes frères..."
Le pêcheur sait choisir le moment. Le mieux , c'est le crépuscule . Le crépuscule des vieux.Quand la nuit va tomber, la crevette comme le maquereau ou le bar restent ouverts. C'est la dernière séance.
Il lui faut bien choisir l'outil.
Pour les crevettes, c'est le filet qu'il suffit de traîner dans les bâches: on en ramène à chaque passage, un Besson l'abat-jour,un Jouyet extraordinaire, qui sait un petit Valls à trois temps.
Le lamparot, c'est d'une efficacité redoutable. Les soirs de pleine lune, on peut attraper un Kouchner de fête ou un très beau beau Lang !
Le plus difficile , c'est quand même le gros, . Il faut éviter le gros temps et se faire des alliés. Un solide Juncker.Mais, un coupé DSK gris argenté version Sinclair, c'est séduisant et ça peut nager dans les bas fonds monétaires.( uniquement dans les eaux internationales)
Il n'y a plus qu'à préparer la bouillabaisse pour emmener tout le monde à la soupe.
(trop tôt pour dire quel en sera le goût. D'autant plus qu'il faut dans le même temps faire revenir les petits Unions de la Marmite Populaire qui ont peur des épices et qui croyaient eux aussi aller à la soupe!)
Il y a intérêt à servir très frais parce qu'il n'est pas sûr que le poisson se conserve . Et si la "spécialité maison" ne passe pas bien l'été, les clients pourraient au mieux être incommodés au pire empoisonnés: le chef, malgré son talent de séducteur, tel un don Juan dévoilé , pourrait se voir priver de dessert.
Je vous l'avais dit: " je ne parle plus de politique";Plus de cuisine. Que de la gastronomie.La prochaine fois , je vous parlerai de la choucroute Royal.
Je suis retourné sur la plage du Gris Nez. Il n'y a plus ni maquereaux, ni crevettes. L'air est redevenu pur. J'ai repris ma pelle et mon seau et avec les enfants, sur les rochers, pas sur le sable, on a commencé les fondations du château.

dimanche 8 juillet 2007

Le sacre du printemps


Je fais partie des brontosaures qui ne regardent pas la télévision,à quelques rares exceptions près: les grands moments de sport et les émissions d'ARTE après 23h. Hier soir, j'ai passé 105 minutes fabuleuses à "vivre" un documentaire sur la préparation d'une représentation du "Sacre du Printemps" de Stravinski. en scène L'orchestre philarmonique de Berlin, sous la direction de Simon Rattle et 250 danseurs, conduits par le chorégrapheRoyston Maldoom.
L'originalité de ce projet tient en deux trois mots: Passion de l'art, discipline et mixité sociale.
Rattle et Maldoom ont tous les deux eu la révélation de l'art. Rattle a su dès le premier orchestre entendu, à 10 ans, qu'il serait chef d'orchestre. Malldoom a attendu 19 ans pour avoir sa révélation devant un film sur la danse, où il avait été entraîné par des amiq alors qu'il vivait solitaire, sans projet et sans avenir.
Le pari de ce spectacle est simple: Maldoom choisit 250 danseurs pour la quasi totalité ignorant de l'art: ils n'ont jamais dansé. Ils ignorent la musique classique. Ils vont au rytme de leur baladeur et des paroles de rappeur. Ils viennent de tous les milieux sociaux , de toutes les communautés ethniques qui vivent dans le Berlin post mur.
pendanrt que Rattle fait travailler son orchestre et leur promet une expérience unique, merveilleuse, Maldoom se met au travail avec ses adolescents plutôt rétifs, difficiles à séduire. En fait, ils ont peur. peur de leur corps, peur du regard des autres, peur des différences. Les confrontations seront âpres, violentes parfois, à la limite de la rupture. Maldoom découvre, consterné;" ces jeunes n'ont aucune envie de se dépasser. Ils veulent reter au calme dans leur vie triste à pleurer. Il leur dit et répète: il n'y a rien de possible sans "discipline". Vous avez yous la force en vous, le talent. Ilvous faut seulement le révéler à vous mêmes. Et le moyen c'est la discipline que vous vous donnez pas celle qu'on vous impose. Même les professeurs sont inquiets de sexigences du chorégraphes. Maldoom les rassure:" je m'interesse plus à la pédagogie qu'à l'art",
Au fil des semaine , crise après crise, les corps vont s'assouplir, les volontés se tendre, l'envie de vivre ensemble apparaître. Pour la première fois, le groupe finit une répétition en silence. Ce terrible silence que tout le monde craint et plus encore ces jeunes qui n'y sont pas habitués dans notre monde de rythme, de clameurs et de violence. Ils vont soudain en découvrir la puissance créatrice. C'est la première grande victoire de Maldoom. Les danseurs vont comprendre que le corps est le langage absolu; par le moindre geste, par la plus petite expression du visage, par le mouvement. Il passe en revue" sa troupe". A chacun, il dit:" ti, tu porte déjà l'envie, toi, tu as le pote,tiel mais tu as encore peur, toi, tu refuses de te livrer..."
Le moment attendu et redouté de la rencontre entre l'orchestre et la troupe arrive. D'abord, une écoute d el'oeuvre que le chef demande à ses pusiciens de dédier àaux adolescents. "C'est la première fois que j'entends une musique slassique, e n'ai pas vu passer le temps."
Vient alors le jour du spectacle. Les danseurs errent dans les coulisses comme dans la fprêt de Merlin l'enchanteur. Tout est beuf. Tout est excitation. Il n'y a plus la peur, il y a le trac. Ils n'osaient parler de leur spectacle. Aujourd'hui, ils ont invités amis et familles.
Stravinski leur offre le meilleur sacre. Rattle tire de son orchestre" ce son venant de très bas pour rejoindre ces jeunes en train de monter un chemin pénible. Maldoom ne peut plus rien faire , il a tout donné.
Lumières. Nuit. Premier accord de l'orchestre. Les danseurs se jettent au centre de la scène, la terrible mort de la nature est là sous nos yeux, vécue dramatiquement par ces jeunes colorés. De cette force de mort, les notes , les rythmes et les corps vont arracher le renouveau. Le printemps est partout, lumineux sur le visage de ces jeunes qui saluent, qui ont trouvé sens, identité et motivation. Peut-être que l'été viendra. Peutêtre aussi dira "pessimiste" Macdoom, comme toutes les générations, nous avons sacrifié le futur pour jouir tout de suite du présent ?
Rattle, enflammé, voire sublimé dira, autant que l'air, autant que l'eau, l'art n'est pas un luxe , il est vital pour la communauté des hommes.