jeudi 20 décembre 2007

Vous avez dit " Culture"?


La lecture de deux articles récents de la presse( sur Internet, évolution oblige!) m'ont fait méditer sur la notion de culture, avec le moins de prétention possible: un texte sur la culture française qui , selon certains, aurait perdu toute influence dans le "Nouveau Monde " et un autre sur la "perte de la mémoire" dans les sociétés occidentales.
Selon le premier, la prépondérance des "Intellectuels français" aurait totalement disparue des universités américaines. Adieu Derrida, Deleuze ou autre Foucault. Sans parler de l'école de sociologie de Bourdieu. Leur pensée visitait le vieux vingtième siècle et sentait le vieux monde. Avec leur bannissement refluent la raison à la française, la langue de Molière et un certain art de vivre.
L'autre article s'inquiète de l'invasion massive dans nos vies quotidiennes de mémoires " supplétives": d'une part les possibilités de stockage infini procurées par les puces et disques informatiques , par un effet de vases communicants, réduisent d'autant la nécessaire discipline de travail de notre mémoire avant même que la maladie d'Alzheimer n'y apporte le coup de grâce; d'autre part, l'individualisation de nos modes de vie et la tyrannie du présent atrophient la dimension collective de nos "apprentissages" alors que l'on sait que ce sont les vieilles chansons , les vieilles histoires du " folklore" ou simplement de " notre histoire" que l'on conserve le mieux." Il était une bergère...Combien de marins...Lorsque l'enfant parait..Voilà pourquoi votre fille est muette..."
Qu'est-ce qu'un monde sans mémoire? Un monde sans avenir.
Mais dans un monde " globalisé" certes mais où tout est encore possible, peut-on encore parler de culture? Locale? Française? Européenne? Chinoise, Algérienne ou Africaine, Colombienne ou Lybienne?
Quels indicateurs choisir? La consommation des produits culturels? Le caractère encore "naturel" de certains modes de vie ? La prégnance de la langue ? L'éternelle bataille entre Nature et Culture? ( la préoccupation " écologique" perturbant le débat)
Devant ces " vastes" questions...quelques nombres et quelques intuitions:
- La consommation de produits culturels : Le livre d'abord. le temps consacré à la lecture par les français, petits et grands, diminue faiblement mai régulièrement ; le temps libre est de plus en plus utilisé pour la télévision ( 4h par jour en augmentation de 2% par an) et l'informatique ( Internet : 30 mn par jour mais en augmentation de 30% par an).Le nombre de produits augmente et donc la diffusion de chaque diminue: privilège à la notoriété sur la qualité?Priorité de l'image sur le texte?Révolution dans les modes de diffusion? Rien n'est joué.
Le cinéma: le nombre d'entrées augmente , semble-t-il, dans le monde entier.Aux Etats-unis, au bénéfice des films locaux. Signe d'un repliement sur soi? En France , le cinéma américain perd 17 points de marché entre 2000 et 2007( de 77% à 60%).
Progrès du cinéma français, coréen, européen ?
Si on regarde les produits "grand public", les films américains d'action et de spectacle tel "pirates des caraïbes" le disputent aux films français " légers" tel" Les Bronzés 3". Mais quand on regarde la liste des meilleurs films pour les lecteurs de Télérama, on constate une réussite impressionnante du cinéma français et européen."La vie des autres" et "de l'autre côté" des allemands Von Donnesmarck et Fatih Akin, Le Roumain Munglu y représente le jeune cinéma de l'Europe nouvelle. 2006 avait sacré Pedro Almodovar et "Volver". Ces films disent une histoire, une atmosphère, une culture. Ces qualificatifs ne conviennent-ils pas aussi aux quelques films américains présents dans ce palmarès: avec David Cronenberg, Bilge Ceylan le turc ou Woody Allen le plus européen des américains?
Enfin la chanson: Une nouvelle vitalité avec ce que l'on appelle " la nouvelle scène française" de Delerm à Juliette, de Jeanne Cheral à Bénabar ou Sansévérino; avec la résurrection du folk américain?
- La concentration des moyens de production, des moyens financiers, la rapidité de diffusion de produits dits " culturels" à travers le temps et l'espace permettent sans doute une standardisation internationale de tous les produits, fussent-ils de l'espèce particulière culturelle. Mais ces mêmes moyens de communication permettent aussi une découverte réciproque des cultures, un échange permanent , une relativité qui mène à la tolérance et au respect.
Certes il faut veiller sur nos sabliers : car rien n'est jamais acquis et comme toujours le temps s'en va , madame, le temps s'en va ...et nous nous en allons.Il faut veiller sur nos mémoires, individuelles et collectives, même si la culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié!
On peut avoir la nostalgie du temps où toute l'Europe parlait français, où la seule langue juridique était le français.
Mais au delà de Babel. Au delà des discours affolés des prophètes de malheur confondant sagesse et angoisse, du nihilisme chic de moralistes désabusés, il nous faut construire sans naïveté ni fadeur le respect des vraies différences et l'avénement d'un Universel accepté . La langue française- et la culture peut-être- y a souvent contribué. Puisse-t-elle être encore demain porteuse de ces valeurs. Peut-être dans le cadre élargi de l'Europe. C'est le combat de ce siècle.Car il y en aura un autre.De siècle.

mardi 4 décembre 2007

Arrogance et complaisance


De Napoléon à Pétain, de Versailles à Vichy, de Munich à de Gaulle, la France dans son histoire a connu des heures de gloire et des heures de lâcheté.des heures de force universelle et des heures de soumission aux plus forts.des cris d'arrogance et des basses flatteries. Il ne m'appartient pas de juger l'actuelle période et son Président de la République: c'est l'Histoire qui le fera.
Certes la politique entre états relève plus de la défense des intérêts de chacun que de la morale.Est-ce pour autant que toutes les fins justifient tous les moyens?
Au motif d'une saine appréciation des rapports de force, faut-il s'incliner devant les puissants par l'histoire ou par les circonstances( Bush ET Poutine, Khadafi ET les FARC)?
Faut-il mépriser ceux qu' à tort on estime faibles? Les africains par le discours de Dakar, le Tchad par l'ingérence dans la justice de ce pays?
Il est troublant de constater que ce comportement apparent dans les affaires internationales est le même dans les affaires intérieures.Sitôt au pouvoir, on s'incline devant les puissances d'argent, Fouquet's, yacht et paquet fiscal. On s'attaque aux " privilégiés" que seraient les cheminots ( qui oserait-au nom de l'équité- comparer une retraite d'ouvrier du rail - même à 55 ans- et celle d'un président de la République eut-il 70 ans!)
Il me semble qu'on retrouve là tous les ingrédients du "péché originel " du sarkozysme.
Cette philosophie de l'action qui dit refuser de s'appuyer sur des idées, préférer le mouvement permanent quite à transformer les citoyens potentiels d'une démocratie forte en spectateurs fascinés d'une saga dont ils découvrent un nouvel épisode chaque jour à 20 heures.
Les français aiment le spectacle quand il est de qualité. Ils aiment parfois se laisser bercer par les flatteurs du monde médiatique , artistes ou journalistes, et oublier l'événement d'hier pour la surprise du jour.Pas de passé( la repentance est triste), pas d'avenir( entre réchauffement climatique et panne de pétrole). Un seul présent: le journal de TF1.
Mais les Français sont aussi et avant tout des rebelles. J'ai en leur sagesse une confiance entière et quand ils se réveilleront, ils ne seront pas prêts à pardonner à ceux qui ont inconscients ou cyniques bradé leur honneur et leur histoire.
La France qu'on veut nous vendre ( pour gagner plus?) n'est pas ma France . n'est pas la France des Français.N'est pas la France des amoureux de la France.
La France ne se mesure pas à la Bourse de Paris ou d'ailleurs. Elle se fait aimer dans le coeur de nos provinces. Dans l'estime des étrangers. dans la vitalité de sa langue. Dans le respect de toutes les cultures.Dans la générosité de ses grandeurs et dans l'humilité de ses compassions.
En un mot, elle n'entrera jamais au CAC 40.
Elle gardera toujours les parfums de ses poètes passés, présents et à venir.

lundi 23 juillet 2007

vacances et vigilance


Le temps s'étire.Le tour de france se prélasse: les paysages grandioses l'emportent clairement sur les vagues péripéties de la course. Même le furet se fait plus discret: il est passé par ici, repassera-t-il par là? Tous les muscles se détendent, on attend le soleil, la mer, le repos.
Allez! Une dernière consigne pour la route et rendez-vous dans un mois:
Le président a fait des choix forts. La constitution et le vote du peuple le lui permettent.Ces choix reposent sur un pari, une méthode et un style.
Le pari est celui du "Choc psychologique": finis les récriminations, les dépressions, le nihilisme. Tout le monde se remet à y croire et la croissance va repartir.
La méthode, c'est l'action: après au moins vingt ans d'immobilisme et de réflexion, il faut agir; assez de tergiversations, "je ne suis pas un intellectuel, les théories , pour moi, vous savez!"
Le style, c'est "je suis partout": présence sur tous les sujets, politique intérieure comme extérieure, surexposition médiatique ( un clou chasse l'autre), les ministres y compris le premier se demandent quel rôle de composition il peut bien leur rester.

Voilà, le rideau sur la cinquième république bis est levé. Et si l'on peut "in petto" émettre quelques réserves, il faut-beau joueur-laisser se jouer le premier acte.
"in petto" toujours, on peut penser qu'en ce qui concerne les réformes annoncées, le président a commencé par le plus facile, les cadeaux fiscaux à 200000 personnes. Pas trop dur. On attend, la reprise de la croissance , la réduction de la dette, la réforme de l'Etat etc...
Si les promesses faites à la masse des Français sur la réduction du chômage, l'augmentation des salaires, si les promesses faites à notre environnement international sur la réduction des déficits et pour une approche plus libérale de l'économie ( qui va trancher entre Monsieur Guaino et Monsieur Baverez?),si les engagements (?) pris auprès d'un électorat très sensible aux problèmes d'immigration, ne venaient pas assez vite, on peut se demander lequel des personnages multiples qui se cachent derrière notre séducteur et autoritaire, libéral et protectionniste, narcissique et affectif, laïc et communautariste président, prendrait le dessus?

S'il est démocrate de lui accorder le bénéfice du doute et même l'espoir de la réussite au service de tous, avant de plonger donc au coeur de l'été (et sans doute après), il nous faut être vigilant. Je retiens trois domaines qui réclament de la part des citoyens et de la société civile la plus extrême vigilance:
- La liberté de la presse: Est-ce l'état de grâce, la fascination ou une certaine mainmise? Toujours est-il que le danger d'un contrôle total de la presse ( déjà réalisé dans les médias audio visuels) est réel et demandera sans doute des réactions collectives;
- Les libertés publiques: certes la lutte contre le terrorisme préoccupe légitimement les opinions publiques et les dirigeants du monde occidental en particulier. Faut-il pour autant aller vers la société de contrôle ( vidéo surveillance intensive, création de fichiers de plus en plus exhaustifs, croisement de ces fichiers, utilisation des technologies numériques qui permettent à qui le peut et qui le veut de suivre à la trace tout citoyen?) Quelles informations entre les mains de qui? Nos sociétés sont elles tellement fatiguées qu'elles sont prêtes à subordonner les libertés à la Sécurité? La Commission Nationale de l'Informatique et Liberté vient de publier un rapport sur le sujet plus que préoccupant. Il a fait peu de bruit, preuve que l'opinion n'est pas assez alertée et que la réflexion et l'action juridique prennent toujours du retard dans ces domaines. Là aussi, les réactions collectives seront indispensables.
- Enfin, l'évolution de nos institutions. Les conditions dans lesquelles le Président a mis en place "sa" commission de réflexion sur les institutions ne me rassurent qu'à moitié. Comme Robert Badinter, j'aurai préféré une commission parlementaire. La constitution de la cinquième république n'a pas mis en place un régime présidentiel. Le passage du mandat présidentiel à cinq ans et la coïncidence de l'élection présidentielle et des législatives modifient sensiblement le mode de fonctionnement de la république. La vraie question en jeu reste: quels contre pouvoirs à un président que la nouvelle donne pourrait rendre tout puissant et irresponsable? Là encore, l'opinion ne se sent pas toujours concernée par ces questions de "droit". Mais , il s'agit d'un enjeu essentiel. De ces éventuelles réformes, dépendra l'évolution du régime vers une démocratie renforcée et pluraliste ou vers je ne sais quelle nouvelle "république impériale"

Où que vous preniez votre repos, et quelqu'en soit la forme, gardez un petit espace de votre cerveau pour ce rôle de vigile. A nous retrouver.

jeudi 12 juillet 2007

Recette du jour: La bouillabaisse miraculeuse


Vous prenez un début de saison, fin Juin, début Juillet. Personne n'est encore vraiment parti en vacances, mais personne n'est plus vraiment là: on boucle les derniers dossiers et on repousse le reste à Septembre. On ne sait jamais, la rentrée pourrait être fraîche.Le changement climatique est fantasque; tantôt froid, tantôt chaud.
Vous y ajoutez une plage tranquille du Nord (je vous suggère un bon petit Cap gris Nez des années 50)
Vous préparez tout le matériel possible: filets à crevettes, ligne à maquereaux pour la pêche à la traîne, chalut pour les gros thons, une grosse lampe torche si vous voulez attraper les bouquets(ils ne se laissent prendre que la nuit à la lumière).
Enfin, il vous faut un pêcheur de génie, connaissant le menu fretin et les gros poissons. Habitué à nager en eaux troubles. Séduisant, habité par une libido communicationnelle:" Un saint François de la mer qui parle aux poissons qu'il appelle "mes frères..."
Le pêcheur sait choisir le moment. Le mieux , c'est le crépuscule . Le crépuscule des vieux.Quand la nuit va tomber, la crevette comme le maquereau ou le bar restent ouverts. C'est la dernière séance.
Il lui faut bien choisir l'outil.
Pour les crevettes, c'est le filet qu'il suffit de traîner dans les bâches: on en ramène à chaque passage, un Besson l'abat-jour,un Jouyet extraordinaire, qui sait un petit Valls à trois temps.
Le lamparot, c'est d'une efficacité redoutable. Les soirs de pleine lune, on peut attraper un Kouchner de fête ou un très beau beau Lang !
Le plus difficile , c'est quand même le gros, . Il faut éviter le gros temps et se faire des alliés. Un solide Juncker.Mais, un coupé DSK gris argenté version Sinclair, c'est séduisant et ça peut nager dans les bas fonds monétaires.( uniquement dans les eaux internationales)
Il n'y a plus qu'à préparer la bouillabaisse pour emmener tout le monde à la soupe.
(trop tôt pour dire quel en sera le goût. D'autant plus qu'il faut dans le même temps faire revenir les petits Unions de la Marmite Populaire qui ont peur des épices et qui croyaient eux aussi aller à la soupe!)
Il y a intérêt à servir très frais parce qu'il n'est pas sûr que le poisson se conserve . Et si la "spécialité maison" ne passe pas bien l'été, les clients pourraient au mieux être incommodés au pire empoisonnés: le chef, malgré son talent de séducteur, tel un don Juan dévoilé , pourrait se voir priver de dessert.
Je vous l'avais dit: " je ne parle plus de politique";Plus de cuisine. Que de la gastronomie.La prochaine fois , je vous parlerai de la choucroute Royal.
Je suis retourné sur la plage du Gris Nez. Il n'y a plus ni maquereaux, ni crevettes. L'air est redevenu pur. J'ai repris ma pelle et mon seau et avec les enfants, sur les rochers, pas sur le sable, on a commencé les fondations du château.

dimanche 8 juillet 2007

Le sacre du printemps


Je fais partie des brontosaures qui ne regardent pas la télévision,à quelques rares exceptions près: les grands moments de sport et les émissions d'ARTE après 23h. Hier soir, j'ai passé 105 minutes fabuleuses à "vivre" un documentaire sur la préparation d'une représentation du "Sacre du Printemps" de Stravinski. en scène L'orchestre philarmonique de Berlin, sous la direction de Simon Rattle et 250 danseurs, conduits par le chorégrapheRoyston Maldoom.
L'originalité de ce projet tient en deux trois mots: Passion de l'art, discipline et mixité sociale.
Rattle et Maldoom ont tous les deux eu la révélation de l'art. Rattle a su dès le premier orchestre entendu, à 10 ans, qu'il serait chef d'orchestre. Malldoom a attendu 19 ans pour avoir sa révélation devant un film sur la danse, où il avait été entraîné par des amiq alors qu'il vivait solitaire, sans projet et sans avenir.
Le pari de ce spectacle est simple: Maldoom choisit 250 danseurs pour la quasi totalité ignorant de l'art: ils n'ont jamais dansé. Ils ignorent la musique classique. Ils vont au rytme de leur baladeur et des paroles de rappeur. Ils viennent de tous les milieux sociaux , de toutes les communautés ethniques qui vivent dans le Berlin post mur.
pendanrt que Rattle fait travailler son orchestre et leur promet une expérience unique, merveilleuse, Maldoom se met au travail avec ses adolescents plutôt rétifs, difficiles à séduire. En fait, ils ont peur. peur de leur corps, peur du regard des autres, peur des différences. Les confrontations seront âpres, violentes parfois, à la limite de la rupture. Maldoom découvre, consterné;" ces jeunes n'ont aucune envie de se dépasser. Ils veulent reter au calme dans leur vie triste à pleurer. Il leur dit et répète: il n'y a rien de possible sans "discipline". Vous avez yous la force en vous, le talent. Ilvous faut seulement le révéler à vous mêmes. Et le moyen c'est la discipline que vous vous donnez pas celle qu'on vous impose. Même les professeurs sont inquiets de sexigences du chorégraphes. Maldoom les rassure:" je m'interesse plus à la pédagogie qu'à l'art",
Au fil des semaine , crise après crise, les corps vont s'assouplir, les volontés se tendre, l'envie de vivre ensemble apparaître. Pour la première fois, le groupe finit une répétition en silence. Ce terrible silence que tout le monde craint et plus encore ces jeunes qui n'y sont pas habitués dans notre monde de rythme, de clameurs et de violence. Ils vont soudain en découvrir la puissance créatrice. C'est la première grande victoire de Maldoom. Les danseurs vont comprendre que le corps est le langage absolu; par le moindre geste, par la plus petite expression du visage, par le mouvement. Il passe en revue" sa troupe". A chacun, il dit:" ti, tu porte déjà l'envie, toi, tu as le pote,tiel mais tu as encore peur, toi, tu refuses de te livrer..."
Le moment attendu et redouté de la rencontre entre l'orchestre et la troupe arrive. D'abord, une écoute d el'oeuvre que le chef demande à ses pusiciens de dédier àaux adolescents. "C'est la première fois que j'entends une musique slassique, e n'ai pas vu passer le temps."
Vient alors le jour du spectacle. Les danseurs errent dans les coulisses comme dans la fprêt de Merlin l'enchanteur. Tout est beuf. Tout est excitation. Il n'y a plus la peur, il y a le trac. Ils n'osaient parler de leur spectacle. Aujourd'hui, ils ont invités amis et familles.
Stravinski leur offre le meilleur sacre. Rattle tire de son orchestre" ce son venant de très bas pour rejoindre ces jeunes en train de monter un chemin pénible. Maldoom ne peut plus rien faire , il a tout donné.
Lumières. Nuit. Premier accord de l'orchestre. Les danseurs se jettent au centre de la scène, la terrible mort de la nature est là sous nos yeux, vécue dramatiquement par ces jeunes colorés. De cette force de mort, les notes , les rythmes et les corps vont arracher le renouveau. Le printemps est partout, lumineux sur le visage de ces jeunes qui saluent, qui ont trouvé sens, identité et motivation. Peut-être que l'été viendra. Peutêtre aussi dira "pessimiste" Macdoom, comme toutes les générations, nous avons sacrifié le futur pour jouir tout de suite du présent ?
Rattle, enflammé, voire sublimé dira, autant que l'air, autant que l'eau, l'art n'est pas un luxe , il est vital pour la communauté des hommes.






dimanche 24 juin 2007

Sarkozy story: Politique-réalité?


Le moins que l'on puisse dire est que le Président est présent, via les médias plutôt dociles, dans tous les foyers. On peut s'interroger sur la ou les source(s) où il puise son inspiration. Pour l'instant, j'en vois au moins une:
Les recettes ( douteuses) qui font le succès de nombre d' émissions de télévision .On peut trouver des exemples:
Voyons le gouvernement Fillon 2.
La véritable ambition du Président, qui veut tout faire lui-même, est peut-être de les étaler sur tous les murs et c'est "United colors of Sarkozy"
Ou alors les faire chanter! Et c'est "star academy".
Ou plus reposant encore, les installer au bord d'une piscine et c'est" Loft Story"

Revenons à des événements plus sérieux: l'éventuelle libération d'Ingrid Bétancourt ou l'affaire du " mini traité" ou "traité simplifié". Dans les deux cas, l'objectif était louable, les intentions certainement sincère mais la méthode choisie, que j'appellerai " diplomatie-réalité" était elle la bonne?
On a vu - et plus particulièrement dans le cas du sommet de Berlin- comment le Président a voulu mettre en scène son action et faire entrer les téléspectateurs dans les coulisses habituellement plus discrètes de la diplomatie.
Le Président aussitôt sa prise de fonction a reçu la famille d'Ingrid Bétancourt; Il a téléphoné personnellement au Président Uribe; deux fois une demi-heure; celui s'est engagé à libérer des prisonniers des Farc; il l'a fait, à la demande du Président Français;il a aussi libéré un des plus hauts responsables des Farc ( chacun sait sait qu'il s'agit de guérilléros qui à partir de revendications politiques ont dérivé vers des activités plus "lucratives", trafic de drogues, enlévements crapuleux. Chacun sait aussi que le gouvernement Uribe n'est pas non plus angélique dans sa politique et que certaines des milices qui le soutiennent n'ont pas grand chose à envie raux Farc).Et....il semble pour l'instant que les choses se soient arrêtées là: qui a manipulé qui? La médiatisation des négociations a-t-elle apporté quelque plus?
Le sommet de Berlin: Depuis son élection, on nous a largement fait connaître ses nombreux contacts diplomatiques Il a été reçu par Angela Merkel: large convergence sur non plus un mini traité( qui faisait mini Europe) mais sur un traité simplifié. Zapatero: convergence. Barroso; convergence. Blair: climat amical. Convergence ...pour un mini traité? Varsovie.: des difficultés mais le Président s'engage.
A Berlin, la mise en scène va être bien huilée. David Martinon, le directeur de cabinet va "en live" tenir informé les journalistes français et étrangers des allées et venues du Président.: " Il n'est pas au diner, il a fait appeler dans sa suite Blair qui était en train de manger ( de croquer le peu de chair consistante que le TCE avait arraché au Royaume Uni?), il écoute avec Angela ( tu permets que je te dises tu?), le jumeau polonais ( on ne saura pas si c'est celui qui dit oui ou celui qui non..au téléphone).Ca y est presque, le Président voit le Président Polonais et le Letton.Cette fois, c'est bon".
Entre majorité qualifiée, 55%,65%, racine carrée, l'exception anglaise, la concurrence qui existe toujours mais qui n'est plus un objectif et qui n'est plus "libre et non faussée" ( serait-elle contrainte et truquée?), la fatigue se fait sentir. On est tous d'accord. Il est 4h30. Le sage luxembourgeois Junker a encotre les idées claires:" Je suis content d'avoir un accord peut-être pour 2014 mais je suis sûr que ce sera beaucoup plus compliqué qu'avant!
Le Président a la victoire modeste: " Ce n'est pas pour me faire mousser, mais l'idée de traité simplifié, elle est de moi!" Hélas.
Je dis hélas parce que je crois que l'Europe, mais Sarkozy n'y a qu'une petite(moyenne) part de responsabilité, a perdu une grande ambition. Des Etats-Unis d'Europe, on était passé avec bon sens à une fédération d'Etats nations, selon la sage expression de Jacques Delors. Nous voilà avec les nationalismes de retour. Mauvais présages.( on a vu , avec une grande tristesse , des violents reproches entre Allemands et Polonais que l'on croyait relever de l'histoire et plus de l'actualité..

Je fais volontairement ce détour par l'histoire parce que cette resurgence montre les limites absolues de la méthode Sarkozy.
Celui ci sait que le monde d'aujourd'hui favorise l'instant présent. L'actualité n'attend pas. Une information en chasse une autre . On aura oublié demain ce que l'on a dit ou vu hier. Dans cet univers mental , il n'y a pas de place pour la fidélité ou le mensonge. Le temps est aboli. L'histoire est abolie. La méditation inutile, sauf quand elle consiste à respirer quarante huit heures sur un yacht. Le mouvement est perpétuel, il faut courir et courir encore puisque l'instant seul compte et que l'instant seul fuit.

La perte de la mémoire immédiate est le premier signe d'une maladie de dégénérescence du cerveau. Prémonitoire?
Il est urgent de faire de la lutte contre ces maladies une cause nationale.
Laissons disparaître les surfeurs. Il nous reste au moins l'écume des jours.
Un proverbe africain dit:" Assied toi au bord du fleuve et tu verras bientôt passer ton ennemi emporté par le courant"




jeudi 21 juin 2007

Le petit tsar de Neuilly ou l'Elysée au CAC 40


Je n'ai jamais pensé que Nicolas Sarkozy était fasciste. J'ai même souvent attiré l'attention de mes amis de gauche sur le risque qu'ils prenaient: la diabolisation est un boomerang. Chaque charge outrancière envers Sarkozy lui apportait une voix de plus. A voir le nombre de "une" de "l'hebdo des socialistes" qu'a fait Sarkozy, je ne crois pas avoir été entendu.
Je n'ai jamais cru non plus qu'il serait président: je pensais et je pense encore aujourd'hui qu'il n'en a ni l'étoffe ni l'envergure.
Mais il y a deux choses que je n'avais pas prévu: l'agilité tactique , idéologique-lui-même dirait pragmatisme- et manipulatrice de sa campagne d'une part et l'incroyable capacité d'auto destruction par les dirigeants socialistes de leur chance de victoire à travers la mise en pièces d'une candidate qui n'en pouvait mais..
Pour être exhaustif, il faut y ajouter une belle dose de machisme dans l'électorat français-y compris féminin- et quelques erreurs de parcours de la candidate elle-même.
Mais là n'est pas mon propos.
Je regarde, avec le moins d'a priori possible, les premiers pas du "Président". J'ai l'impression curieuse de voir un gamin intelligent mais un gamin espiègle et colèrique.Chef de bande de gamins des rues. Il prend un malin plaisir à faire tout ce qu'on lui a dit qu'il ne fallait pas faire, il met les pieds sur les fauteuils à l'Elysée, il court en short dans la rue, entre tsars, on boit une petite vodka, pendant que les chefs sérieux travaillent. Quand un ministre fait une petite bêtise, il le montre du doigt: vilain Eric, méchant Jean-Louis, mais c'est bon pour une fois, c'est moi le chef...Et les médias aiment cela!
Mais il EST président de la République, ce n'est pas une blague. Il est la France et cela c'est beaucoup plus sérieux.(cela deviendrait-il une tare d'être un tant soit peu intellectuel? Quel vide absolu quand il s'agit de promouvoir la grandeur et le message à portée universelle que le monde continue d'attendre de la France? Quelle faute d'analyse stratégique de penser qu'on peut diriger une nation comme une entreprise!)
D'abord les bons points ou le bon point: presqu'un sans faute sur le saut d'obstacles des élections( ah! Cette vilaine barre de la TVA sociale qui tombe à la dernière haie. Il ne l'avait qu'effleurée) achevée sur la constitution d'un beau gouvernement ( il n'y a vraiment que Besson qui fait tâche). Très habile. Moins de femmes mais aux bonnes places( Economie, Justice). Un pôle de gauche aux affaires étrangères, un pôle du centre à la défense. La diversité. Bien vu. Un peu de chance: un Juppé qui s'en va et on répare l'erreur de casting du premier gouvernement.(Borloo à l'économie)
Mais , comme dirait Cyrano de Bergerac, " c'est d'autant plus beau que c'est inutile". En effet, le seul qui gouverne , c'est le tsar:" je m'occupe de l'Europe, de la politique monétaire, de la Justice, de l'école, des handicapés etc...etc...Mais à quoi peut donc servir Fillon?
C'est haletant, c'est impressionnant, c'est épuisant! La fonction ne mérite-t-elle pas un minimum de recul?
Cela ne peut pas tenir.Déjà les premières tensions apparaissent. Les députés UMP râlent sur l'ouverture, la cacophonie s'installe dans la majorité sur la TVA sociale. La loi-cadre sur le service minimum fait tousser les organisations syndicales. Est-il astucieux de vouloir réformer l'Université en Juillet? N'a-t-il pas parlé trop vite à propos d'Ingrid Bétancourt?
Ses dossiers , contrairement à ce que son entourage a voulu faire croire, n'ont pas l'air aussi " ficelés" qu'on le dit.
Ces difficultés sont normales et le lot de tout dirigeant.
Mais je crois avoir identifié les deux traits de personnalité de Nicolas Sarkozy qui à mes yeux en font un homme dangereux:
- C'est un homme d'action impulsif et colérique, assez imprévisible
- Moins identifié, c'est un homme qui a un immense besoin de reconnaissance. Ses amis disent que "c'est un grand affectif".Aurait-il besoin d'être aimé? Et pour cela de se laisser à la faiblesse? Je le crois.
Ce n'est pas ce que l'on est en droit d'attendre d'un chef d'Etat.

Les premières mesures annoncées assez peu cohérentes( comme disait Libération ce jour, on dirait un Keynésianisme pour riches!) pourraient s'éclairer sous cet angle. Mais lorsque l'on va entrer dans "le dur", avec toutes les résistances attendues, qui va l'emporter? Le pragmatique ou l'affectif? Un jour l'un, un jour l'autre.
Le char de l'Etat risque de sérieuses embardées. Je ne les souhaite pas. On annonçait Thatcher ou Chirac. Aura-t-on Napoléon le petit? Tout dépendra de la qualité, de la finesse et de la vision de l'opposition. Je crains malheureusement que de ce côté là, on soit également mal parti.
La seule chose qui pourrait peut-être le faire changer de carrière, c'est de ne plus être tsar mais star. Avec les mêmes remunérations.Un grand patron d'une entreprise de 60 millions de...n'est-il pas payé pratiquement au SMIG?Va-t-il nous proposer l'introduction en bourse de la France?